"Maison de l'horreur" dans le Pas-de-Calais : deux ans de prison avec sursis requis contre les parents de la fratrie maltraitée

Ils sont jugés pour des années de maltraitances envers huit de leurs dix enfants, dont sept mineurs, aujourd’hui âgés de 9 mois à 16 ans. 

Le procès des deux parents de l’affaire surnommée médiatiquement « la maison de l’horreur » de Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais) s’est ouvert mardi 24 janvier 2023 après-midi, au tribunal correctionnel de Béthune, dans le même département. Ces huit enfants, ainsi que des associations, se sont constitués parties civiles.

Christine B. et Marc R. comparaissaient libres pour « violences par ascendant » sur mineurs de moins de 15 ans, sans ITT (incapacité totale de travail), et « soustraction par un parent à ses obligations légales ».

Jusqu’à cinq ans d’emprisonnement

En début de soirée, le parquet a requis deux ans de prison avec sursis probatoire à l’encontre ces deux quadragénaires, relaient l’Agence France-Presse (AFP) et les 25 autres médias présents sur place.

La procureure adjointe a demandé à la cour d’assortir cette peine d’une obligation de soins, d’un stage de parentalité, de justification d’une activité professionnelle, ainsi que d’une interdiction, « dans l’immédiat », d’entrer en contact avec les sept victimes. Elle explique vouloir « faire en sorte que Monsieur et Madame puissent évoluer ».

Le couple encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. 

D’autres faits présumés, commis sur leurs aînés de 21 et 24 ans, sont prescrits.

À l’ouverture de ce procès, la cour a rejeté une demande de huis-clos formulée par l’avocat du père, qui a pointé un « battage médiatique » et expliquait craindre un risque de « stigmatisation » des enfants.

Le témoignage des enfants au procès

« On s’est sentis dépassés, fatigués », a déclaré la mère de 40 ans durant l’audience.

Les parents, sans casier judiciaire, contestent les faits de violences physiques dont leurs progénitures les accusent, hormis les fessées. Bryan, l’un des aînés de la fratrie présent au procès, a livré un témoignage fort à la barre, dans lequel il raconte, entre autres, qu’en 2019, le mis en cause a frappé l’un de ses fils alors âgé de 13 ans avec un casque.

 Un autre fils, âgé de 15 ans, évoque des jets d’objets sur sa petite sœur ainsi que des coups de ceintures fréquents, selon la retranscription minutieuse de l’audience par La Voix Du Nord, présente dans la salle.

Des violences psychologiques et de graves négligence sont aussi détaillées par les enfants qui assistent au procès. Des insultes sont citées.

Des fillettes ligotées à leurs chaises hautes

Pour mettre fin à son calvaire et celui de ses frères et soeurs, Bryan, 24 ans, avait fait un signalement aux services sociaux après une « bagarre de trop ».

Après quoi, le 30 août 2022, les forces de l’ordre ont investi ce foyer et découvert le calvaire enduré par ces enfants. Deux fillettes de deux et quatre ans étaient ligotées à leurs chaises hautes, à l’aide de sangles serrées. En couches souillées, elles se trouvaient dans un « état d’hygiène déplorable », selon les mots du procureur de la République de Béthune à France 3 Hauts-de-France.

Les parents ont reconnu les faits. Le 14 septembre 2022, tous les enfants mineurs avaient été placés.

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