Mako, la princesse rebelle du Japon qui renonce à son titre et épouse un roturier

La princesse Mako, nièce de l’empereur Naruhito, a épousé son «irremplaçable fiancé», le roturier Kei Komuro, mardi 26 octobre. Une union controversée, pour laquelle la jeune femme a dû renoncer à son titre de noblesse. Portrait d’une héritière rebelle.

«Kei est un être irremplaçable», a-t-elle déclaré lors d’une allocution télévisée. La princesse Mako a épousé, ce mardi 26 octobre, son fiancé le roturier Kei Komuro, à l’abri des regards indiscrets. «Les documents matrimoniaux ont été présentés et acceptés», a confirmé un représentant de l’Agence impériale à l’AFP. L’époux de la jeune femme, avocat dans un cabinet américain, a quant à lui déclaré «aimer Mako» et souhaiter «être au côté de l’amour de sa vie». L’histoire du couple n’a pourtant rien d’un conte de fées. La nièce de l’empereur Naruhito, tout juste âgée de 30 ans, a longtemps dû se battre pour imposer cette union.

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Un « sentiment d’impuissance »

La princesse Mako a consenti à de multiples sacrifices pour épouser son bien-aimé, également âgé de 30 ans. La loi japonaise exige en effet qu’une femme quitte la famille impériale «si elle épouse un roturier» : la jeune femme a ainsi renoncé à son titre de noblesse, et même refusé une indemnité d’1,3 million de dollars (1,1 million d’euros), d’ordinaire accordée aux femmes de la famille royale qui perdent leur statut en se mariant.

Avant son union, elle a esquissé ses adieux à son clan en s’inclinant devant ses parents et en embrassant sa sœur, comme en témoigne une séquence filmée par la télévision japonaise. Les Komuro s’apprêtent désormais à déménager aux États-Unis. Et ce, après avoir traversé bien des épreuves.

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En vidéo, au Japon, la princesse Mako s’est mariée à un roturier après des années de controverse

Harcèlement, dettes et coupe de cheveux

En 2018, le couple avait dû essuyer un premier revers : il s’était vu contraint de reporter son mariage en raison d’une sombre histoire d’argent. La presse japonaise avait effet mis à jour le conflit entre la mère de Kei Komuro et son ex-fiancé, qui accusait cette dernière de lui avoir emprunté de grosses sommes sans le rembourser. Des dissensions qui avaient indigné les Japonais, dont la culture exige une attitude irréprochable de la part de la famille royale et de ceux qui gravitent autour d’elle. Outre cette querelle, les médias nationaux avaient également passé au peigne fin la vie privée de Kei Komuro, entre accusations de harcèlement datées de la période du lycée… et coupe de cheveux, jugés trop longs par les journaux nippons.

Un scandale, et une pression tels qu’ils avaient poussé Kei Komuro à quitter le pays pour se rendre aux États-Unis et y poursuivre ses études de droit ; le jeune homme n’en est revenu qu’au mois de septembre. Une histoire qui a causé «peur, tristesse et douleur» à son épouse. «Il existe différentes opinions sur mon mariage avec Kei, a expliqué la princesse Mako lors de sa conférence de presse. Je voudrais remercier ceux qui se sont inquiétés pour moi et ceux qui nous ont toujours soutenus, Kei et moi, sans écouter les rumeurs infondées.» Avant de présenter ses excuses pour les «problèmes» causés par leur union.

Les rumeurs véhiculées par la presse nationale ont cependant laissé des traces. Au point que la princesse Mako souffrirait de stress post-traumatique, en raison de la couverture médiatique accordée à sa relation amoureuse. Lors d’une conférence de presse organisée début octobre, l’agence impériale avait en effet indiqué que la jeune femme éprouvait un «sentiment d’impuissance» en raison des «critiques et abus répétés» contre son futur mariage. «Elle dit qu’elle ne sait pas si elle pourra le supporter si cela continue», soulignait alors Takaharu Kachi, assistant du père de la mariée. L’une des raisons, peut-être, de l’exil prochain de Mako Komuro, de l’autre côté du Pacifique.

L’affaire sailor fuku

Le prince Fumihito, la princesse Kiko et la princesse Mako posent ensemble lors d’une garden party impériale. (Tokyo, le 16 mai 2017.)

Si l’on ignore encore quel métier exercera la princesse Mako aux États-Unis, cette dernière dipose d’une solide éducation. Née le 23 octobre 1991 à Tokyo, la fille du prince héritier Fumihito et de la princesse Kiko est l’aînée d’une famille de trois enfants. Elle a grandi aux côtés de sa petite sœur, la princesse Kako, 26 ans, et de son frère, le prince Hisahito, 15 ans. Mako d’Akishino (son nom de jeune fille) a passé son enfance et son adolescence au sein de l’établissement Gakushūin, réservé aux héritiers de familles de haut rang et situé au cœur de la capitale japonaise. À l’époque, les médias parlent peu de cette jeune fille discrète, dont les rares images sont exclusivement diffusées via des canaux officiels.

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En 2004, une séquence montrant la princesse vêtue du sailor fuku, l’uniforme féminin japonais, lui vaut pourtant un soudain coup de projecteur. Certains de ses concitoyens la dessinent alors en uniforme, et partagent les croquis, bientôt rassemblés dans un montage vidéo devenu viral. Ce qui n’empêche pas Mako de poursuivre ses études dans un anonymat relatif, de l’University College, à Dublin, à l’université chrétienne internationale de Mitaka. Elle y obtient une licence en art et patrimoine culturel, en 2014. C’est là, aussi, qu’elle rencontre son futur époux, vers lequel elle est d’abord attirée pour «son sourire lumineux», confiera-t-elle au Telegraph.

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La « Meghan Markle » du Japon?

Tous deux entretiendront par la suite une relation à distance, Mako ayant choisi d’étudier à l’Université de Leicester, où elle reçoit son master de muséologie en janvier 2016. En décembre 2013, Kei Komuro lui fait sa demande en mariage, au cours d’un dîner romantique. Ils annoncent leurs fiançailles en septembre 2017. Le couple prépare désormais sa nouvelle vie aux États-Unis. La jeune femme, férue de voyages – elle a notamment visité l’Angleterre, la Thaïlande et l’Autriche, et étudié une année à Édimbourg – a choisi de s’installer à New York, où son époux officiera dans un grand cabinet d’avocat. Loin des yeux des médias et de sa famille, mais proche du coeur de ce dernier : une décision qui a valu à l’ex-princesse d’être comparée à Meghan Markle. Et à son retentissant «Megxit».

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