Médicaments, plantes : les produits à éviter pendant la grossesse auxquels on ne pense pas

Grossesse et médicaments ne font pas bon ménage. L’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) lance une campagne pour rappeler que prendre un traitement pendant la grossesse n’est jamais anodin. Tour d’horizon des produits dont il faut se méfier

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8 femmes sur 10 ont conscience que la prise de médicaments est déconseillée de manière générale pendant la grossesse, d’après une enquête Viavoice-ANSM. Pourtant, une femme prend en moyenne 9 médicaments sur prescription pendant sa grossesse. Des prises qui ne sont pas anodines. 2 à 3% des bébés naissent avec une malformation majeure, dont 5% seraient liées à une prise de médicaments par la mère. Soit 800 à 1200 naissances par an en France. Pourtant, les femmes n’ont pas conscience des risques encourus avec des produits courants d’automédication. C’est pourquoi l’ANSM lance une campagne de prévention à destination des femmes enceintes “Enceinte, les médicaments, ce n’est pas n’importe comment !”.

Ibuprofène, dangereux pour le bébé

Un mal de tête, un tour de rein, prendre de l’ibuprofène est un réflexe bien ancré en cas de douleur. Or tous les anti-inflammatoires non-séroïdiens dont l’aspirine sont formellement contre-indiqués à partir du début du 6ème mois de grossesse. Avec des risques graves pouvant entrainer une mort fœtale. “Parfois les femmes pensent que si elles peuvent en donner à un nourrisson, elles peuvent en prendre aussi quand elles sont enceintes“, alerte le Dr Sylvain Bouquet, médecin généraliste. “Cette analogie est à bannir. A partir de 6 mois de grossesse, l’ibuprofène peut causer une mort fœtale dès le premier cachet.” Il est donc formellement interdit dès la fin du deuxième trimestre et au troisième trimestre de grossesse.

Automédication : des risques à tous les stades de la grossesse

Près d’1 femme sur 2 pense que la consommation de médicaments en début de grossesse (1er trimestre) est plus risquée qu’au 2e ou au 3e trimestre. Pourtant, les risques varient selon les traitements et évoluent au cours de la grossesse.

Au premier trimestre, il existe des risques de malformation avec certains médicaments (isotrétinoïne contre l’acné, valproate dans l’épilepsie). C’est pourquoi il convient d’informer son médecin et son pharmacien dès que possible, même si on a l’habitude de rester discret avec ses proches au premier trimestre. Il convient même d’informer le corps médical dès le projet de grossesse. En effet, certains médicaments peuvent rester dans l’organisme plusieurs mois, voire plusieurs années après leur arrêt. C’est le cas par exemple de l’isotrétinoïne un antiacnéique. Plus de trois semaines sont nécessaires avant qu’il ne soit éliminé de l’organisme. Avec le Fingolimod (Gylenia), un médicament utilisé dans la sclérose en plaques, il faut deux mois pour éliminer le produit. Au cours du deuxième et troisième trimestre, il existe aussi des risques importants. Faible poids à la naissance, atteintes rénales, certains médicaments peuvent interférer avec la croissance et la maturation des organes. C’est le cas de certains antidépresseurs et certains antidouleurs. A la naissance, certains médicaments peuvent entraîner des syndromes de sevrage chez le bébé (le tramadol par exemple).

Demander conseil

Pendant la grossesse, il ne faut jamais s’automédiquer“, martèle le Dr Sylvain Bouquet. “Il faut toujours prendre le conseil du pharmacien ou du médecin, même pour des médicaments que l’on a l’habitude de prendre. La règle d’or : la plus petite dose le moins longtemps possible“. Pour soulager les petits maux de la grossesse : nausée, insomnie… mieux vaut éviter le réflexe médicaments. “A chaque traitement, il faut se demander : en ai-je vraiment besoin ? Y a-t-il d’autres alternatives ? kinésithérapie, massage, hypnose….“, explique le Dr Sylvain Bouquet. En cas de doute, le site www.lecrat.fr, la référence dans le milieu médical, liste tous les produits interdits pendant la grossesse. Les centres régionaux de pharmacovigilance peuvent également apporter une réponse personnalisée aux patientes.

Médecines douces : des précautions à prendre

– De nombreuses plantes sont contre-indiquées pendant la grossesse. Par exemple, les plantes laxatives qui peuvent entraîner des contractions de l’utérus (aloes, bourdaine), mais aussi l’achillée millefeuille, la sauge officinale… C’est pourquoi il ne faut pas se soigner avec les plantes sans avis médical pendant la grossesse.

-L’usage des huiles essentielles est contre-indiqué chez la femme enceinte par voie interne. Pour les autres usages (diffusion, bain), il est nécessaire de bien se renseigner car leur utilisation n’est pas anodine. La menthe poivrée, utilisée en cas de migraine ou de nausées, a des effets neurotoxiques et abortifs. L’huile essentielle de sauge officinale, employée pour lutter contre certaines infections, augmente les contractions utérines, entraînant des risques de fausses-couches.

– Du côté de l’homéopathie, pas question non plus de se soigner les yeux fermés. Attention aux préparations de type teinture-mère qui contiennent de l’alcool. “Pendant la grossesse, le principe, c’est zéro alcool“, prévient le Dr Sylvain Bouquet.

Crèmes : vérifier les principes actifs

On y pense moins mais certains crèmes contiennent des médicaments qui pénètrent dans le sang. Attention par exemple aux crèmes anti-inflammatoires. L’ANSM met également en garde contre les traitements contre l’acné, à base d’isotrétinoïnes (Roaccutane) ou trétinoïnes (Effederm…) qui s’appliquent par voie cutanée. Ils sont formellement interdits pendant la grossesse.

A lire la campagne ANSM médicaments et grossesse

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