Myriam Boyer (Voyageur) : "J’aime la colère de Cantona"

Dans un nouvel épisode du Voyageur, mardi 10 novembre à 21 h 05 sur France 3, l’actrice incarne une mère dont la vie est en suspens depuis la disparition de sa fille en 1991. Une nouvelle affaire à résoudre pour l’atypique Bareski, alias Éric Cantona.

Pourquoi avoir accepté ce rôle de mère meurtrie ?

Myriam Boyer : J’adore jouer ces personnages profondément humains, qui résonnent en chacun de nous. Et la personnalité d’Éric Cantona m’intéressait. Au-delà de l’acteur, j’aime ce qu’il porte en lui, sa colère.

Comment s’est passée votre rencontre ?

Très simplement. Pas de tralalas, pas de «ma chérie» … Comme j’aime. Nous avons fini le tournage en mars, juste avant le confinement. Pour moi, ça représente désormais la vie d’avant, insouciante et sans masque.

Comment avez-vous abordé votre personnage ?

Ces rôles au vécu difficile, j’en suis devenue une spécialiste. Sans nouvelles de sa fille, disparue depuis trente ans, cette mère ne croit plus en rien et ne peut faire son deuil. Le temps d’une interprétation, c’est intéressant de réfléchir à la colère, à l’impuissance face à la cruauté de la vie.

Vous avez également joué dans Capitaine Marleau. Que vous inspire ce genre de policiers atypiques ?

Ces personnages ont du sens. Les téléspectateurs sont interpellés car ces séries racontent beaucoup de choses sur la société. J’ai fait mes débuts à la télévision. À l’époque, c’était peu courant. J’y ai eu de très beaux rôles dans les années 1970. Puis le théâtre m’a absorbée.

Quand serez-vous de retour sur les planches ?

Je joue La Maison de Bernarda Alba, de Federico García Lorca, à Versailles puis en tournée jusqu’en mars. Ensuite, je serai sur les routes en avril et mai avec une autre pièce, Louise au parapluie.Nous nous adapterons au couvre-feu, enjouant en matinée par exemple.

La crise sanitaire frappe très durement la culture…

Artistes, restaurateurs… C’est odieux ce qui se passe. Professionnellement, j’ai de la chance. Mes enfants aussi, Clovis (Cornillac, ndlr.) tourne son film Couleurs de l’incendie,Arny (Berry, ndlr) travaille avec des jeunes à Avignon. Mais personnellement, j’ai eu la Covid il y a un mois. Un sacré moment à passer. J’ai eu très peur. J’ai pris de la chloroquine, c’est peut-être psychologique mais ça m’a a idée.

Vous travaillez aussi à votre autobiographie…

Le livre sortira aux éditions du Seuil début 2021. J’y retrace ma vie, avec l’aide d’Hélène Rochette. Je le fais pour mes petites-filles. Moi qui n’ai eu que des frères et des fils, cette transmission de femme à femme m’intéressait.

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