Nanni Moretti, Tim Roth et Anaïs Demoustier font vibrer la Croisette

Etait-ce le triomphe de Tre Piani à Cannes ou
la victoire des Azzurri en finale de l’Euro ? 
Nanni Moretti ne se sentait plus de joie après l’ovation reçue pour Tre Piani projeté dimanche soir en compétition ? Et tout sourire en conférence presse. « La pandémie nous a fait découvrir que nous ne pouvions pas vivre seuls et avions besoin de contacts humains », a-t-il déclaré.

Son film raconte l’histoire de plusieurs familles vivant dans le même immeuble romain. « Il n’était pas question pour moi que Tre piani soit vendu à une plateforme même s’il me fallait attendre un an pour que le film sorte ! J’ai refusé d’entendre les propositions qu’on me faisait à ce sujet. Pour moi, les salles de cinéma sont indispensables. » Il en possède lui-même une à Rome.

Tim Roth, Juho Kuosmanen et Ryusuke Hamaguchi ne perdent pas le nord

Il a beau être britannique d’origine, Tim Roth n’a pas regardé le match de foot dimanche soir. « Je m’en fiche un peu depuis que je vis aux Etats-Unis », a-t-il confié à 20 Minutes. Il a préféré se rendre à la projection de Bergman Island, le film de Mia Hansen-Love dans lequel il incarne un cinéaste venu chercher l’inspiration sur l’île où tourna et vécu le grand cinéaste suédois.

« D’habitude, je n’aime pas me voir à l’écran mais j’ai tellement aimé le tournage sur l’île de Faro que j’avais envie de revoir cet endroit merveilleux, tout en évitant de me regarder. » Chez 20 Minutes, on a pris grand plaisir à le voir dans ce film qui sort en salle ce mercredi.

Le second film du Finlandais Juho Kuosmanen a apporté sur la Croisette une vague de fraîcheur pleine de contrastes : Compartiment 6 met aux prises une jeune finlandaise qui se rend de Moscou vers un site archéologique en mer arctique. Et la voilà embarquée dans un troublant huis clos en train avec un inconnu un peu fruste, dont elle doit partager le compartiment… « Le plus difficile, c’était de rester stable pour filmer cette histoire en mouvement », a raconté Kuosmanen sur le tapis rouge.

Autre road trip initiatique : Drive My Car, le plus long des films de la compétition (2h50). Un vrai coup de cœur dans lequel on croise Tchekhov et des fantômes. Annoncé comme l’adaptation d’une nouvelle de Murakami, le film de Ryusuke Hamaguchi est en réalité, comme l’a confié le cinéaste à 20 Minutes, « l’adaptation de trois nouvelles du même recueil, Des hommes sans femmes ». On voyage en Saab 900 turbo rouge jusqu’à l’extrême-Nord de l’Archipel dans ce film très japonais sur fond de culpabilité, de doutes et d’abnégation. On en reparle pour sa sortie en salle le 18 août.

Anaïs Demoustier et ses amours

Film léger comme une bulle de champagne, Les Amours d’Anaïs a permis à Charline Bourgeois-Tacquet d’avoir « l’immense honneur », comme dit la jeune réalisatrice, de célébrer le 60e anniversaire de la Semaine de la Critique, la plus ancienne des sections parallèles du festival, en compagnie de Roselyne Bachelot ou Emmanuel Carrère.

L’actrice française Anaïs Demoustier y incarne le rôle d’Anaïs aux côtés de Denis Podalydès et de Valéria Bruni-Tedeshi dans ce film « jamais en repos » et qui se présente ainsi (ce qui donne très envie) : « Anaïs a trente ans et pas assez d’argent. Elle a un amoureux qu’elle n’est plus sûre d’aimer. Elle rencontre Daniel, à qui tout de suite elle plaît. Mais Daniel vit avec Émilie… qui plaît aussi à Anaïs… » Ce film, qui explore joliment la carte du Tendre, sort en salle le 15 septembre.

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