Non, la pub “Viva la Vulva” n’est pas choquante, elle est nécessaire

En 2019, une publicité qui représente de manière réaliste les règles et les vulves semble encore choquer. Suite au clip Viva la Vulva de Nana, une pétition a été lancée, et 1000 plaintes envoyées au CSA. Preuve que le tabou qui entoure le corps des femmes et les règles est encore puissant.

La marque de serviettes périodiques Nana a pourtant reçu plétor de commentaires positifs sur son spot publicitaire Viva la Vulva, qui démystifie les sexes et le sang des menstruations. 

Sur les réseaux, quelques internautes se plaignent, particulièrement depuis vendredi, d’une image du corps qu’ils jugent “vulgaire” et “dégradante pour les femmes”. Pourtant, la publicité ne sexualise à aucun moment les vulves qu’elle met en scène de manière festive et décomplexée.

La vulve et le sang, choquants?

Le propos de Nana est explicite dans la publicité : s’approprier son corps, ses règles, pour mieux les vivre. La forme l’est également : pop et colorée, une célébration des règles sans tomber dans le piège du liquide bleu et de l’injonction à faire du surf et à déborder d’énergie.

Pourtant, des publications sur Instagram et Twitter témoignent que le tabou qui entoure l’image de la vulve et du sang menstruel est bel et bien présent. “Choquant” pour certains, qui évoquent un potentiel danger pour les enfants à heure de grande écoute.

Des réactions qui suscitent l’incompréhension d’une grande majorité d’internautes.

“Chaque vulve est unique”

L’engagement de Nana a été salué par beaucoup “il était temps” peut-on lire sur Twitter dans plusieurs posts.

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Texte de @vincent_lahouze sur cette drôle de polémique #nana. On le voit bien chez Georgette, quand on parle de ces questions là : c'est sale, honteux. 💜💚💜 'Quand une pub Nana choque plus que tout ce qu’il se passe à travers le monde. Vous êtes fascinants, vraiment. Vous allumez la télé, vous vous gavez d’images violentes, vous bouffez la misère du monde le soir, devant le journal de 20h et devant votre assiette. Vous laissez vos gosses de 6 ans jouer à des jeux vidéos qui ne sont pas de leurs âges. Vous les laissez surfer sur Internet, sans surveillance, sans accord parental, au risque de tomber sur du porno. Vous les laissez regarder de la télé-pseudo réalité, de la télé poubelle et leurs candidats aux cerveaux atrophiés. Chaque jour, vous devenez un peu plus indifférent à la violence, la pauvreté, le sang qui coule et les guerres qui n’en finissent pas. Vous zappez, sans que cela vous coupe l’appétit. Et pour une pub qui lève un tabou, vous jouez la carte de l’indignation? Bande de rigolos. Vous avez vraiment honte de rien. Je ne suis pas une femme, je sais, je ne suis qu’un homme qui ne saura jamais ce qu’il se passe dans le corps d’une femme mais je sais que les règles ne sont et ne doivent pas être taboues. Et ça, depuis toujours. Je vois trop de gamines dans mes écoles, depuis 11 ans, qui ne savent pas comment réagir quand brusquement, leurs corps changent. Combien de fois j’ai dû leur expliquer ce qu’il se passait, leur dire que c’était normal. Parce qu’elles n’osaient pas en parler chez elles, parce que personne n’en parlait à la maison. Combien de fois j’ai dû acheter des serviettes pour en mettre dans la pharmacie de l’école, parce qu’elles en avaient pas chez elles. J’ai regardé cette pub. Elle désacralise le corps féminin que l’on veut trop cacher, souvent. Ou trop montrer, c’est selon. Je suis davantage choqué devant une pub de voiture qui met une femme nue sans raison, mais bon. Visiblement, on ne fonctionne pas pareil, vous et moi. J’ai regardé cette pub. Elle n’a rien de choquante. Ce sont vos réactions qui me choquent, vraiment. Je plains vos filles et vos fils, élevés dans une crainte d’un phénomène naturel (…) #vivelavulve

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Sur Instagram, le collectif Georgette Sand a relayé le texte de l’écrivain Vincent Lahouze publié sur le même réseau, qui dénonce un paradoxe : “J’ai regardé cette pub. Elle désacralise le corps féminin que l’on veut trop cacher, souvent. Ou trop montrer, c’est selon. Je suis davantage choqué devant une pub de voiture qui met une femme nue sans raison.”

La marque a également tenu à s’exprimer et réaffirmant son message : “Chez Nana, nous pensons que chaque vulve est unique, et que les différences doivent être célébrées. (…) Nous voulons que vous soyez fières de ce que vous avez.”

  • Voyage sensoriel à la découverte de l’anatomie féminine
  • 2018, Nana montre (enfin) du liquide rouge dans une pub pour parler des règles

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