Ophtalmologue : dans quels cas consulter et comment se passe un rendez-vous

L’ophtalmologiste est le spécialiste en charge de diagnostiquer, de prévenir et de traiter les défauts optiques, les pathologies ainsi que les anomalies visuelles. Comment se déroule une consultation ? Les séances ophtalmologiques sont-elles remboursées ? Explications sur cette profession médicale.

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Un ophtalmologiste assure le dépistage et le traitement des défauts optiques et des maladies de l’appareil visuel et de ses annexes telles que les paupières et les voies lacrymales.

Quand peut-on consulter un ophtalmologiste ?

« Un motif fréquent de consultation concerne les défauts optiques de l’œil regroupant quatre grands types, pouvant se combiner la myopie, l’astigmatisme, l’hypermétropie et la presbytie. Ces défauts peuvent être corrigés par des lunettes, des lentilles de contact ou du laser », explique le Docteur Stéphane Delage, ophtalmologiste et secrétaire général adjoint du Syndicat National des Ophtalmologistes Français (SNOF).

Différents motifs de consultation sont considérés comme des urgences en ophtalmologie, notamment :

  • des yeux rouges et douloureux ;
  • une baisse de vision brutale ;
  • des déformations dans le champ de vision centrale (métamorphopsies)
  • des maux de tête ;
  • une perte d’une partie du champ visuel (scotome) ;
  • Une vision double d’apparition brutale (diplopie) ;
  • des traumatismes dûs à des contusions ou des plaies perforantes ;
  • une présence de corps étrangers superficiels dans les yeux.
  • L’apparition brutale de « mouches » ou de « corps flottants » et/ou d’éclairs lumineux (phosphènes dans le champ de vision.

Cette liste d’urgences est cependant non-exhaustive. Il existe de nombreux autres motifs devant pousser à consulter rapidement un ophtalmologiste.

Selon le Docteur Stéphane Delage, les jeunes patients sont parfois touchés par un kératocône, une maladie causant une déformation de la cornée accompagnée d’une dégradation de la vision. Il est important de consulter un ophtalmologiste afin de prendre en charge et de traiter cette pathologie.

Concernant les personnes âgées, cette catégorie de la population peut être atteinte d’une baisse de vision liée à la cataracte qui se manifeste par une opacification du cristallin provoquant une altération de la vision. À partir de 50 ans, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie chronique touchant la zone centrale de la rétine (macula), peut également survenir. À un stade avancé, le patient  ne voit plus au centre de son champ de vision. Les myopes forts doivent également être particulièrement surveillés, car ils ont plus de risque de contracter un glaucome chronique et des pathologies rétiniennes et musculaires.

Le rôle d’un ophtalmologiste consiste ainsi à dépister des pathologies et des anomalies visuelles. « Le dépistage ne correspond pas forcément au motif de consultation. Le dépistage du glaucome chronique peut être réalisé, par exemple, chez un patient de 40 ans ayant une presbytie, autrement dit des difficultés à voir ou lire de près », souligne le spécialiste qui ajoute : « en plus de la prescription pour des lentilles ou de verres progressifs, on effectue des examens comme la mesure de la pression des yeux et de l’aspect du fond de l’œil pour diagnostiquer un potentiel glaucome qui a tendance à se développer aux alentours de la quarantaine. »

Il est recommandé aux patients atteints de diabète de consulter au moins une fois par an un ophtalmologiste, car ils peuvent contracter une rétinopathie diabétique, une grave atteinte de la macula et de la rétine. « Cette complication altère les petits vaisseaux situés au fond de l’œil et provoque, entre autres, des hémorragies. On peut réaliser des photographies numériques du fond de l’œil, un scanner OCT ou encore une angiographie afin de la dépister et d’engager ensuite un traitement », explique le Docteur Stéphane Delage.

Dans une majorité des cas, les maladies de l’appareil visuel se traitent par du collyre, du laser, des injections dans l’oeil ou une chirurgie. Ces différents traitements peuvent être combinés.

Comment se déroule une consultation chez un ophtalmologiste ?

Le déroulement d’une visite chez l’ophtalmologiste varie en fonction du motif, mais elle débute généralement par une pré-consultation avec un orthoptiste qui effectue l’interrogatoire du patient et divers examens tels que la mesure des verres portés, de la vue ou encore de la pression de l’œil avec un tonomètre. Le professionnel est en contact direct avec l’ophtalmologiste qui peut lui demander des examens supplémentaires pendant son bilan. « L’orthoptiste peut notamment faire un scanner OCT et/ou un champ visuel sur les instructions de l’ophtalmologiste, pour un suivi de glaucome, par exemple », précise le Docteur Stéphane Delage.

Une grande majorité des cabinets ophtalmologiques fonctionnent désormais en travail aidé : le patient passe d’abord entre les mains d’un orthoptiste avant de rencontrer l’ophtalmologiste. Le professionnel de santé interprète ensuite les examens du patient faits par l’orthoptiste. Il complète l’interrogatoire, vérifie si la formule de lunettes proposée par l’orthoptiste est correcte, examine l’oeil à la lampe à fente, observe le fond d’oeil et prescrit des examens complémentaires, si besoin.

Dans le cas de la DMLA, du glaucome ou d’une tumeur, l’ophtalmologiste préconise des examens complémentaires tels qu’une échographie oculaire, une angiographie de la rétine ou une IRM cérébrale. Ces examens peuvent être réalisés au sein de son cabinet ou le spécialiste peut orienter son patient vers un confrère équipé, une clinique ou un hôpital. « Après la pose du diagnostic, l’ophtalmologiste peut engager un traitement. Il peut prescrire des gouttes (collyre), du laser ou une opération chirurgicale, en fonction de la pathologie rencontrée », indique le professionnel de santé.

Ophtalmologiste, opticien, orthoptiste : quelles sont les différences entre ces professions ?

Contrairement à l’ophtalmologiste, l’opticien et l’orthoptiste ne sont pas des médecins. Ces deux spécialistes peuvent renouveler les prescriptions de lunettes et de lentilles. L’orthoptiste peut également prescrire des prismes et des caches oculaires.

La durée de validité de l’ordonnance des verres correcteurs de l’ophtalmologiste varie cependant en fonction de l’âge du patient :

  • avant 16 ans : la prescription a une validité d’un an ;
  • de 16 à 42 ans : l’ordonnance est valable pendant cinq ans ;
  • après 42 ans : la prescription peut être renouvelée pendant trois ans.

Quant aux maladies telles que le glaucome, les tumeurs ou la DMLA, l’orthoptiste et l’opticien ne sont pas formés et ne possèdent pas le matériel permettant de les diagnostiquer. « Historiquement, l’orthoptiste s’occupait de la rééducation destinée aux personnes qui louchaient, étaient touchées par un strabisme ou par un trouble de l’accommodation. Depuis plusieurs années, ce professionnel a vu son champ d’action s’élargir et est devenu une aide de l’ophtalmologiste dans les cabinets et les hôpitaux », complète le Docteur Stéphane Delage.

Quelles sont les études à réaliser pour devenir ophtalmologue ?

Deux formations permettent l’accès aux études d’ophtalmologie : le parcours spécifique accès santé (PASS) ou une licence avec option « accès santé » (L.A.S). Après avoir validé sa première année, l’étudiant intègre le cursus de tronc commun en médecine. À l’issue des six premières années d’études et en fonction de son classement à l’examen classant national (ECN), ce dernier accède à la spécialité d’ophtalmologie. Il est ensuite formé au métier d’ophtalmologiste pendant six ans et rédige une thèse afin d’obtenir le titre de docteur en médecine.

Merci au Docteur Stéphane Delage, ophtalmologiste et secrétaire général adjoint du Syndicat National des Ophtalmologistes Français (SNOF)

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