Pourquoi et comment faut-il préserver le jeu vidéo ? Le patron de Xbox relance le débat

C’est au cours d’un entretien accordé à Axios, un webzine généraliste, que Phil Spencer, le patron de Xbox, s’est confié à propos de l’émulation. D’après lui, cette dernière devrait être légalisée afin de permettre aux anciens jeux de perdurer.

L’émulation, tout le monde en a au moins entendu parler, du moins en théorie. C’est l’action de simuler, via un logiciel appelé émulateur, le comportement d’un jeu qui a été programmé pour une autre machine. En gros, via un émulateur installé sur votre ordinateur, vous pouvez jouer à des jeux non disponibles sur PC comme des exclusivités PS4, PS5, Xbox Series, Xbox One, etc. Le seul problème, c’est que l’émulation est totalement illégale et que les constructeurs de console sont peu intéressés par le système, préférant la rétrocompatibilité qui est économiquement plus viable. En effet, les jeux, ainsi que leur concept, sont protégés par le droit d’auteur, jusqu’à ce que ce dernier cède ses droits ou que ceux-ci expirent. L’émulation est assimilée à la création d’une copie illégale d’un jeu vidéo, et donc à de la contrefaçon.

Pourtant, Phil Spencer a récemment relancé le débat en émettant le souhait que l’émulation devienne légale afin de permettre aux jeux plus anciens de continuer d’exister. Mais pourquoi est-ce si important d’après lui ? En réalité, le milieu du jeu vidéo rencontre des problématiques à préserver son passé. Cela est notamment dû au fait que les jeux plus anciens deviennent régulièrement indisponibles ou sont revendus à des prix exorbitants sur des marketplaces comme Ebay, Leboncoin, etc. comme certains jeux particulièrement rares de la Nintendo Switch. Mais ce ne sont pas les seules raisons. En effet, les jeux plus anciens restent compatibles avec des normes matérielles spécifiques à une époque, y compris des consoles qui ne sont plus éditées, ce qui limite fortement leur accessibilité.

De plus, d’après Spencer, rendre l’émulation légale permettrait d’entamer un véritable travail de préservation de l’histoire du jeu vidéo. Il a par exemple mentionné les milieux du cinéma, de la télévision ou de la musique qui ont déjà entamé cette démarche de préservation. Dans les faits, cette légalisation peut s’avérer compliquée à mettre en place. En effet, au-delà de l’utilisation d’un émulateur, le joueur doit avoir les fichiers du jeu vidéo pour pouvoir y jouer et ces fichiers ne sont pas accessibles gratuitement, puisque majoritairement protégés par des droits d’auteur. Le joueur est donc contraint soit de pirater, soit de passer un marché parallèle illégal pour se procurer les dits fichiers.

Il y a donc la question de l’adhésion des titulaires des droits d’auteur qui rentre en compte. Bien que Microsoft ait récemment annoncé l’ajout de 76 jeux rétrocompatibles supplémentaires à son catalogue, l’émulation légale pourrait demander un travail de longue haleine puisqu’elle nécessiterait une accessibilité en ligne aux fichiers des jeux, ainsi qu’une éventuelle vérification des droits de l’utilisateur à les utiliser. Et vous, vous en pensez quoi de l’émulation ?

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