Prison : Un traitement inhumain des personnes transgenres, l'alerte est donnée

Onze ans après un premier avis, la contrôleuse générale des prisons demande de prendre sérieusement en main la question des personnes trans en prison. 

C’est un sujet tabou dans le monde pénitentiaire : les personnes trans. Pour cause ? Une prise en charge discriminante et qui ne répond pas au besoin de cette population carcérale. C’est un sujet que la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, a décidé de prendre en main en publiant un avis dans le Journal Officiel, onze ans après le premier. “Actuellement, les personnes transgenres privées de liberté subissent de nombreuses atteintes à leurs droits fondamentaux dont le cumul est susceptible de constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant au sens de la Convention européenne des droits de l’homme”, a-t-elle expliqué. Que faudrait-il faire pour mieux prendre en charge les personnes trans emprisonnées ?

Dominique Simonnot évoque “un traitement cruel, inhumain ou dégradant”https://t.co/aWGTew097i

Cet avis transmis aux ministres de la Justice, de la Santé et de l’Intérieur demande “à garantir le plein respect de (…) leurs droits à l’autodétermination (de genre, ndlr), à la libre disposition de leur corps, à l’accès aux soins, à l’intimité et à la vie privée”, a expliqué Dominique Simonnot. Une difficulté ressort : l’identité de genre. Si depuis 2016 la modification de la mention du genre à l’état civil n’exige plus une transition médicale, “les modalités de fouille ou d’affectation des personnes dont le sexe d’état-civil ne correspond pas au sexe anatomique ne sont à ce jour pas définies par les textes. La contrôleuse demande donc des modifications rapides des règlements pour garantir à une personne transgenre une prise en charge respectueuse de sa dignité, ainsi que de poursuivre ou d’engager une transition médicale. Dans le cas contraire, “des alternatives à la privation de liberté, des sorties temporaires ou une remise en liberté doivent être envisagées”, a demandé Dominique Simonnot. Un sujet important qui est d’ailleurs abordé dans la série Orange is The New Black à travers le personnage de Sophia.

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