Pyrex : retour sur un succès à la française

Le verre, qui prend forme depuis un demi-siècle à Châteauroux, se veut toujours plus résistant au feu et à la glace.

Le chemin de fer mène à tout. La preuve avec Pyrex ! Car avant de se retrouver au four, le fameux verre, dit borosilicate, avait été pensé pour les lanternes de signalisation des voies ferrées dont les ampoules brûlantes éclataient au contact des flocons de neige. Mis sur les rails en 1912, il répond alors au nom de Nonex.

Des ustensiles à l’épreuve du feu

L’histoire aurait pu s’arrêter là si Bessie Littleton, l’épouse d’un des physiciens de la société américaine Corning à l’origine de la formule, n’avait pas ajouté son grain de sel. La ménagère comprend que ce matériau résistant aux chocs thermiques serait parfait pour fabriquer des moules à gâteaux. Trois ans plus tard, les premiers ustensiles estampillés Pyrex font une entrée très remarquée dans les cuisines. De quoi aiguiser l’appétit de Corning qui lorgne du côté des marchés européens.

Des maîtres français façonnent le verre

Exporté en Seine-et-Marne, le verre est plus qu’adopté. Il inspire les souffleurs de Bagneaux-sur-Loing, qui l’affinent, le débarrassent de ses bulles, le purifient et parviennent même à le modeler d’une façon inédite. Autant d’améliorations qui suscitent la naissance en 1922 de la société Le Pyrex (avec Corning et Saint-Gobain comme actionnaires), transférée en 1970 dans l’ancienne base militaire américaine de Châteauroux.

Une marque qui traverse les époques

Ramequins, plats ovales ou rectangulaires, à coquille Saint-Jacques ou à tarte… L’entreprise ne cessera plus d’occuper les têtes de gondoles et de produire à grand train jusqu’à atteindre aujourd’hui 44 millions de pièces par an. Sa ligne de conduite ? Faciliter la vie des consommateurs. Ainsi, après le premier biberon en verre conçu pour les femmes qui n’allaitent pas, elle propose dans les années 60 des cocottes améliorées, plus profondes et dotées d’oreilles pour une meilleure prise en main. Ses casseroles, elles, sont équipées de poignées détachables en bakélite. La décennie suivante, la marque allume la flamme chez les pâtissiers avec ses moules à brioches, cakes, charlottes…, en borosilicate désormais trempé, qui ne se raient et ne s’oxydent pas. Mieux encore, ces gammes passent du four à l’eau froide sans ciller. Quand, ensuite, le micro-ondes s’invite en cuisine, le verrier lance des boîtes cubiques spécialement calibrées, avec leur couvercle plastique. Récemment, sa ligne anti-gaspi a fait la preuve qu’elle pouvait migrer indifféremment du four au réfrigérateur ou du congélateur au micro-ondes. Tout-terrain, Pyrex est encore plus transgénérationnelle. On estime ainsi la durée de vie de ses contenants à près de quarante ans. Vous avez dit obsolescence programmée ?

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Délices n°15 février-mars 2021

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