Santé scolaire : une visite médicale obligatoire dès la maternelle

Le manque de médecins scolaires a des conséquences sur le suivi des écoliers et le dépistage de certains troubles. Deux députés déposent un amendement pour renforcer la médecine scolaire, tandis qu’une visite médicale sera obligatoire dès la rentrée 2020 pour tous les enfants de 3 à 4 ans.

La bonne santé d’un élève, le repérage et la prise en charge des troubles sont des conditions nécessaires aux apprentissages. Pour certains écoliers, la santé scolaire représente même la seule garantie d’un suivi médical. « Tous les enfants ne bénéficient pas d’un environnement médical favorable et pour certains d’entre eux, le médecin scolaire est leur seul interlocuteur. Il est urgent de parvenir à rendre la profession attractive pour enrayer l’hémorragie de médecins scolaires en cours » rappellent Marie Tamarelle-Verhaeghe (LaREM) et Cyrille Isaac-Sibille (MoDEM) dans un communiqué du 28 octobre. Dans le cadre de l’examen de la mission « Enseignement scolaire » du projet de loi de finances pour 2020, les deux députés défendent cette semaine des amendements qui visent à renforcer la médecine scolaire, dont elles estiment la situation préoccupante. En effet, le nombre de médecins scolaires ne cesse de diminuer depuis une dizaine d’années. « Ne pas investir pour leur donner davantage de moyens, c’est délaisser la prévention et laisser s’enraciner les inégalités de destin qui s’installent dès le plus jeune âge » dénoncent-elles.

Le rôle essentiel des médecins scolaires pour la santé des enfants

« Cette situation est préoccupante pour le dépistage précoce des troubles de l’apprentissage, et notamment pour les enfants issus de milieux modestes, l’école étant souvent la première porte d’accès à une médecine préventive », précisaient les députés l’an dernier. Les médecins scolaires sont donc insuffisants alors que leurs missions sont vastes (dépistage et suivi individualisé des élèves, promotion à la santé, urgences et gestion des événements traumatiques…). La Cour des comptes, l’Assemblée nationale, le Haut Conseil de la santé publique ainsi que l’Académie de médecine s’alarment donc « d’une baisse continue des effectifs qui ne permet plus au service de la médecine scolaire de remplir ses missions ». De son côté, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer avait rappelé que les visites médicales étaient indispensables pour détecter les troubles de la vision, de l’audition, ainsi que les risques d’obésité, qui touchent 3,5% des enfants, et particulièrement les populations les plus fragiles.

Une visite médicale obligatoire dès le début de la maternelle

Alors que l’école maternelle est devenue obligatoire dès 3 ans à la rentrée 2019, le gouvernement prévoit d’instaurer une visite médicale pour tous les enfants âgés de 3 à 4 ans dès septembre 2020, afin d’établir un bilan de santé et un meilleur suivi des enfants. « Cette visite, organisée à l’école, vise à dépister les troubles du neuro-développement, les troubles du spectre autistique, mais également des troubles sensoriels, staturaux-pondéraux, psycho-affectifs et autres troubles de santé. La réalisation de cette visite à l’école permet aux professionnels de santé de comprendre le contexte scolaire de l’enfant et aux enseignants de l’adapter au mieux en cas de besoin« , précise le ministère de l’Education. En théorie, un bilan de santé est réalisé à cet âge. Pour autant, seuls deux tiers des enfants de 3 à 4 ans le réalisent, et d’importantes disparités existent selon les territoires, précise le rapport « relatif au parcours de coordination renforcée santé-accueil-éducation des enfants de 0 à 6 ans », de la députée Stéphanie Rist et Mme Barthet Derrien. Pour améliorer le taux de réalisation de ce bilan de santé à l’école, un amendement vient d’être adopté par le gouvernement afin de mettre en place un protocole de coopération national entre les médecins et les infirmier puériculteurs des services départementaux des PMI, notamment dans le bilan de santé des petits de 3 à 4 ans.

Ecole obligatoire dès 3 ans : qu’implique la nouvelle loi ?

Avec l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans, les petits écoliers de 3, 4 et 5 ans font leur première rentrée des classes à la maternelle ce 2 septembre. Ce qui change avec cette nouvelle loi.

La visite dès 6 ans, à l’école primaire

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Une visite est également prévue entre 5 et 6 ans, afin de s’assurer que l’enfant puisse avoir les clés pour ces apprentissages dès l’entrée à l’école primaire. « Ce repérage pourra concerner des troubles de l’attention, de la coordination, de la vision, de la croissance, de la communication, une mauvaise association entre les signes écrits et les sons. Les professionnels de santé portent également attention à la prévention des maltraitances« , précise le ministère de l’Education. 

Les visites médicales pourtant obligatoires à l’âge de 6 ans, ne sont pas toujours assurées, et « les problèmes de santé ou les troubles de l’apprentissage ne sont pas suffisamment détectés », dénonçait le Conseil économique social et environnemental (CESE) dans un rapport présenté en 2018. En outre, « des pathologies ne sont pas prises en charge ou le sont trop tardivement », ce qui risque aussi d’accentuer les inégalités entre les élèves dans le cadre de leur scolarité. En ce qui concerne la santé sexuelle, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes relevait en juin 2016 que 25 % des écoles déclaraient n’avoir mis en place aucune action d’éducation à la sexualité malgré l’obligation légale. Par ailleurs, le Projet d’accueil individualisé (PAI), mis en place à la demande des parents, permet d’accompagner les élèves ayant besoin de soins, tout comme le Plan d’accompagnement personnalisé (PAP), pour ceux qui présentent des difficultés scolaires liés à des troubles de l’apprentissage. Mais « ces dispositifs sont complexes et insuffisamment expliqués aux parents », précise le rapport.

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