Spotting pendant la grossesse : quand faut-il s'inquiéter en cas de saignements ?

Les saignements vaginaux pendant la grossesse peuvent avoir de nombreuses origines. Zoom avec un gynécologue-obstétricien.

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Spotting : les saignements sont-ils normaux pendant la grossesse ?

Première chose à savoir : pendant la grossesse, le mot  » spotting  » fait référence à des petits saignements vaginaux. En effet, en anglais, le mot  » spot  » désigne une tache.

Est-il normal d’avoir des saignements vaginaux lorsqu’on est enceinte ? Les petits saignements sont effectivement fréquents en début de grossesse (pendant les trois premiers mois, c’est-à-dire le premier trimestre) et ils peuvent avoir des significations très différentes.

Attention !  » Dans tous les cas, en cas de spotting (même léger) pendant la grossesse, quel que soit le terme, il est conseillé d’en parler à son médecin gynécologue, à son médecin traitant, à sa sage-femme… Un saignement vaginal chez une femme enceinte doit faire l’objet d’une consultation  » recommande le Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien. Une échographie sera alors pratiquée – entre autres examens.

Spotting pendant la grossesse : quand faut-il se rendre aux Urgences ? Des saignements vaginaux (plutôt importants) associés à des contractions utérines (comme des douleurs de règles) doivent faire l’objet d’un passage aux Urgences sans tarder, quel que soit le terme de la grossesse.

Spotting : des saignements en début de grossesse, qu’est-ce que ça peut être ?

On l’a dit : les saignements vaginaux (spotting) sont plus fréquents au premier trimestre de grossesse, c’est-à-dire durant les trois premiers mois.

«  Les causes peuvent être totalement bénignes : l’implantation de la grossesse peut s’accompagner de petits saignements, et un rapport sexuel chez une femme enceinte peut entraîner un petit saignement du col de l’utérus, donc être responsable d’un spotting léger  » remarque le Dr. Olivier Jourdain. Il reste préférable d’en parler à un(e) professionnel(le) de santé.

Du côté des causes plus graves, on peut notamment mentionner :

  • La grossesse extra-utérine

Une grossesse  » normale  » se développe dans l’utérus de la femme : après fécondation, l’œuf progresse dans les trompes pendant les sept premiers jours de gestation, puis s’installe à l’intérieur de la cavité utérine.

Or, il arrive parfois que la grossesse ne débute pas au bon endroit : lorsque l’œuf reste dans les trompes et ne s’implante pas à l’intérieur de l’utérus, il s’agit d’une grossesse extra-utérine (GEU). La grossesse n’est alors pas viable, et si le corps ne la stoppe pas spontanément, le développement de l’œuf peut être dangereux pour la femme enceinte – il peut notamment être question d’une rupture de la trompe.

À savoir. Les experts estiment que les grossesses extra-utérines représentent environ 0,5 % des grossesses en France. Le tabagisme maternel constitue un facteur de risque.

Grossesse extra-utérine : quels sont les symptômes à reconnaître ? On peut suspecter une grossesse extra-utérine en cas de saignements (pas forcément abondants) au début de la grossesse, surtout s’ils s’accompagnent de douleurs abdominales.

  • La fausse couche

La fausse couche se définit comme un arrêt accidentel et précoce de la grossesse. Elle est dite  » précoce  » lorsqu’elle survient au cours du premier trimestre de grossesse (durant les 3 premiers mois, donc) et  » tardive  » lorsqu’elle survient entre la 14ème semaine d’aménorrhée (14 SA) et la 22ème semaine d’aménorrhée (22 SA) ou entre la 12ème semaine de grossesse et la 20ème semaine de grossesse.

À savoir. Chez une femme jeune et en bonne santé (c’est-à-dire : en l’absence de facteurs de risque), on estime que le risque de fausse couche précoce pendant la grossesse est compris entre 10 % et 15 %. Malheureusement, dans l’immense majorité des cas, les causes exactes d’une fausse couche ne sont pas connues.

Fausse couche : quels sont les symptômes à reconnaître ? Une fausse couche, qu’elle soit précoce ou tardive, peut se manifester à travers des saignements vaginaux, qui peuvent être noirâtres ou rouge vif, et qui peuvent faire penser à des règles. On peut aussi présenter des douleurs pelviennes (c’est-à-dire : des douleurs au niveau du bas-ventre) plus ou moins intenses.

  • Le décollement placentaire

Le décollement placentaire (que l’on appelle  » décollement du trophoblaste  » pendant les deux premiers mois de grossesse) correspond à une perte d’adhésion du placenta à la paroi de l’utérus.

À savoir. Les experts estiment qu’un décollement placentaire survient dans 15 % à 20 % des grossesses. Du côté des facteurs de risque, on peut mentionner l’âge de la mère (le risque est accru après 35 ans), l’hypertension artérielle, le tabagisme ou encore les traumatismes abdominaux.

Décollement placentaire : quels sont les symptômes à reconnaître ? Outre un saignement vaginal, on peut constater une douleur abdominale très intense, un ventre qui semble soudain très dur au toucher, ainsi que des contractions utérines.

Spotting : des saignements tardifs durant la grossesse, qu’est-ce que ça peut être ?

 » Des saignements vaginaux au cours du troisième trimestre de grossesse (entre le 6ème et le 9ème mois) doivent impérativement faire l’objet d’un rendez-vous à la maternité que vous avez choisie, recommande le Dr. Olivier Jourdain. Ne vous fiez pas à l’abondance du saignement : un  » petit  » saignement vaginal peut masquer un saignement plus important à l’intérieur du ventre : consultez ! « 

Du côté des causes graves, on peut notamment citer :

  • Le placenta prævia

En cas de grossesse  » normale « , le placenta s’attache sur le côté ou dans la partie supérieure de l’utérus. On parle de placenta prævia lorsqu’il s’implante dans la partie basse de l’utérus : il recouvre alors partiellement ou complètement le col de l’utérus. Cette anomalie est plus fréquente chez les femmes enceintes âgées de 35 ans et plus, chez les femmes enceintes qui fument, ou encore en cas de grossesse multiple.

Placenta prævia : quels sont les symptômes à reconnaître ? Le principal symptôme d’un placenta prævia est la présence de saignements vaginaux indolores au cours de la deuxième moitié de la grossesse.

  • L’hématome rétroplacentaire (HRP)

L’hématome rétroplacentaire (HRP) correspond à la formation d’un caillot de sang entre la paroi de l’utérus et le placenta, qui aboutit au décollement du placenta. Cette complication reste heureusement rare puisqu’elle survient dans moins de 1 % des grossesses. Les facteurs de risque principaux sont l’hypertension artérielle et la prééclampsie.

Hématome rétroplacentaire : quels sont les symptômes à reconnaître ? L’hématome rétroplacentaire peut provoquer un saignement vaginal noirâtre peu abondant. Le symptôme principal, c’est la douleur abdominale (qui est brutale et très intense) avec un utérus qui paraît très dur au toucher.

Merci au Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien à la Polyclinique Jean Villar (groupe ELSAN – Bordeaux).

À lire : Le grand livre de ma grossesse – Collège national des gynécologues et obstétriciens (CNGOF), éd. Eyrolles.

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