Stephane Bern : “Cela a donné un sens à ma vie !”

Avec l’ami des têtes couronnées, c’est Noël avant l’heure ! À travers un magnifique ouvrage, visitez sa nouvelle demeure, à 1 h 30 de Paris, et suivez ce guide royal !

France Dimanche : Vous recherchiez une maison à restaurer ou c’est le hasard qui vous a conduit dans le Perche ?

Stéphane Bern : Pas du tout ! Et c’est plus que le hasard puisque c’est le président du département, un ami du producteur de Secrets d’Histoire, Jean-Louis Remilleux, qui lui a parlé du Collège royal de Thiron-Gardais. Ce dernier lui a alors parlé de moi et, en le visitant, j’ai eu un vrai coup de cœur. Et c’est ainsi que je l’ai racheté au prix d’un studio parisien de 20 m2 !

“Je suis venu pour les pierres et je suis resté pour les gens ! »

FD : Coup de cœur aussi pour la région dont vous vantez les attraits en fin d’ouvrage…

SB : Oui, comme je le dis souvent : je suis venu pour les pierres et je suis resté pour les gens ! Je me suis vraiment attaché à cette région, sachant que plein d’autres Parisiens sont venus s’installer dans le Perche qui est devenu le nouveau Luberon… surtout avec le changement climatique !

FD : En tant que sauveteur du patrimoine, vous montrez l’exemple…

SB : Tout à fait ! Je ne pouvais pas dire en permanence aux gens : « Sauvez votre patrimoine ! » et ne pas le faire moi-même quand on me le propose !

FD : Dans quel état avez-vous trouvé le bâtiment ?

SB : C’était une ruine ! Cela ne se voyait pas trop de l’extérieur, mais il fallait tout refaire à l’intérieur. Sans compter qu’on a eu tous les problèmes, notamment la mérule qui rongeait la charpente. Si bien que c’est devenu un chantier pharaonique qui m’a un peu mis sur la paille…

FD : Tant que ça ?

SB : J’exagère un peu car ce sont les banques qui ont payé, mais cela m’oblige à travailler au-delà de 67 ans pour rembourser tout ça ! Mais ma grande fierté est d’avoir refusé toutes les aides publiques. Je n’ai bénéficié d’aucune subvention pour les travaux. En tant qu’animateur sur le service public, je ne pouvais pas me le permettre.

FD : Qu’est-ce qui vous a plu dans cette demeure ?

SB : C’est que ce n’est pas un château, mais un collège. La symbolique du château me gênait. Cela faisait vraiment le type qui a passé sa vie à parler des rois et des reines et qui se paye son château ! Moi ce que j’aime, c’est transmettre. Les gens me disent souvent qu’ils auraient voulu m’avoir comme prof d’histoire. Et bien voilà, le prof est dans son collège !

FD : Ce vaste chantier ne vous a pas trop déprimé ?

SB : Je disais aux ouvriers qu’il y avait « plus de démolition que de construction » et cela me démoralisait un peu oui. Mais je suis récompensé par le résultat car c’est très agréable d’y vivre. Surtout que les vieilles pierres conservent la fraîcheur !

“C’était une ruine qui est devenue un chantier pharaonique qui m’a un peu mis sur la paille… ! (…) Ma grande fierté est d’avoir refusé toutes les aides publiques ! »

FD : Avant le Covid, pensiez-vous vous y installer à demeure ?

SB : Je pensais surtout y aller le week-end et en faire un « laboratoire » pour la mission patrimoine, car je m’y suis installé en 2016 et le président de la République m’a confié cette mission en 2017. Au moins, je savais de quoi je parlais. Je pouvais témoigner que le patrimoine donne de l’emploi et peut faire vivre les localités. Car cela attire des touristes. Si bien que des auberges se sont installées dans le village et cela me donne l’idée d’ouvrir moi-même un petit restaurant dans les années qui viennent…

FB : En attendant vous avez un musée…

SB : Oui, ouvert de mai à septembre, tous les jours, sauf le lundi. Et sur le site internet, on peut réserver des visites guidées.

FD : Vous en faites vous-même ?

SB : Quand je suis là et que j’ai du temps, bien sûr ! Mais bon, je préfère que les gens viennent ici pour l’intérêt du lieu et pas pour faire une photo avec Stéphane Bern.

FD : C’est donc le confinement qui vous a donné l’envie d’en faire votre maison à l’année ?

SB : Oui. Déjà, je n’avais pas les moyens d’en avoir plusieurs… et qui a trop de maisons perd la raison ! Le confinement m’a aussi fait prendre conscience que la vraie vie était là. Et pas seulement par temps de canicule. Et pas seulement pour moi : vous verriez comme mes chiens sont heureux ici ! Sans parler de mes poules qui me font de bons œufs frais.

FD : C’est une autre vie !

SB : Oui, je prends le temps et je vois mieux les gens qu’à Paris. Plus jeune, j’ai aimé les mondanités, les grandes soirées, mais maintenant, c’est terminé ! Je vais avoir 59 ans et cela m’est passé. L’idée même de mettre un costume cravate m’angoisse. Ici, c’est vraiment mon refuge.

FD : Quels sont vos autres projets pour le collège.

SB : Avec Yori, mon compagnon, nous avons créé une ligne de produits dérivés Collège royal, avec une boutique en ligne. Tout est fabriqué par des artisans français !

Pour moi, le patrimoine ça se partage !

FD : Ce n’est pas trop gênant d’avoir toujours du monde chez soi ?

SB : Ils ne rentrent pas dans ma salle de bains non plus… même si certains le demandent. Mais pour moi, le patrimoine ça se partage !

FD : Pourquoi avoir créé une fondation Stéphane-Bern ?

SB : Pour qu’après moi, ce collège et ce musée continuent de vivre ! Je donne tout à la fondation, notamment mes droits d’auteur. Je ne suis pas vraiment l’animateur télé qui profite de la vie, de luxe si possible. J’essaie de vivre simplement et d’économiser pour « l’après moi ». Je vais même vendre ma maison en Grèce pour doter davantage la fondation.

FD : Si c’était à refaire…

SB : Je referais tout pareil, même si c’est un truc de fou ! Mais je ne peux pas regretter car ça a donné un sens à ma vie. Même Yori me le reproche en me disant qu’il n’y a que ça qui compte pour moi…

Yves QUITTÉ

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