Sur Instagram, des cours de breathwork, dont une "séance équivaut à des années de psychothérapie"

Interview.- L’Américaine Susan Oubari a importé à Paris cette méthode de respiration qui fait fureur outre-Atlantique et des miracles sur la gestion des émotions. Durant le confinement, elle met en place des lives quotidiens sur Instagram pour apaiser le plus grand nombre. Nous l’avions rencontrée en décembre dernier.

Susan Oubari reçoit pour des séances privées chez elle, dans son appartement de la rue de l’Université (Paris 7e). Elle donne aussi des cours collectifs dans le gymnase de l’église américaine, ainsi qu’à la salle de sport L’Usine Saint-Lazare (Paris VIIIe). La plupart du temps, c’est le bouche-à-oreille qui lui amène de nouveaux clients : un fils ayant testé qui souhaite offrir ce cadeau à sa mère, des couples, des collègues…

Durant cette période anxiogène qu’est le confinement, elle propose des lives quotidiens, du lundi au vendredi sur son compte Instagram (1) pour initier les confinés à la technique de respiration. Contrairement à d’autres disciplines, l’effet du breathwork est instantané et l’engouement, également. L’un des pionniers de la méthode dans les années 1960 est un chercheur du New Age, Leonard Orr, dont le groupe pratique l’essoufflement dans des baignoires afin de simuler des souvenirs utérins. Plus tard, le psychiatre Stanislav Grof soigne des toxicomanes en associant des techniques de souffle à de la musique afin de reproduire l’état de conscience modifié causé par les drogues psychédéliques. Susan Oubari, qui, auparavant, a travaillé pendant vingt-sept ans dans la mode, doit son propre «salut», selon ses mots, à cette pratique (déconseillée aux femmes enceintes et aux personnes cardiaques) que l’on appelle aussi rebirth («renaissance») et transformational breath («souffle de transformation»). Après une formation à Los Angeles en 2017, elle décide de la populariser dans la Ville Lumière. Rencontre, en français (qu’elle parle parfaitement).

LE FIGARO. – Comment avez-vous découvert le breathwork ?
Susan Oubari. – Je fais du reiki depuis quatorze ans, et cette pratique a changé ma vie. À l’époque, je travaillais comme une folle, mon mari voyageait beaucoup et ma fille de 6 ans avait un nouveau tic d’anxiété toutes les semaines… Avec le reiki, j’ai tout remis en place, j’ai changé de travail, et ma famille m’a suivie : nos rapports se sont adoucis, ma fille a guéri. Mais cette méthode est souvent perçue comme une mascarade, alors que le breathwork que j’ai découvert ensuite est une technique totalement pragmatique : tout le monde respire, même mon mari ingénieur ! C’est une porte d’entrée formidable, accessible à tous, vers le lâcher-prise. On se libère de tout, émotions, soucis, peurs, stress. Une seule séance équivaut à plusieurs années de psychothérapie !

10 comptes Instagram de yoga à suivre pendant le confinement (et après)

Aurélia Del Sol est fondatrice de la méthode «Face soul yoga». Le principe : activer les muscles du visage non sollicités et permettre à ceux qui le sont de se détendre. Ces étirements tonifieraient le visage, le rendraient rayonnant et plus fin.

Pour la suivre : @jesuisbonne_

Tatianne Elle a vécu dans l’est de la Russie jusqu’à ses 15 ans. Installée en France depuis 2013, elle a créé le «yoga de la femme», une méthode basée sur une combinaison de yoga des hormones, du visage, de yin yoga… Elle enseigne au Tigre Yoga Club Rive Gauche (Paris 7e), au studio Yoga Vision (Paris 11e), Beyoga (Paris 14e) et au Centre Élément (Paris 4e).

Pour la suivre : @tatiana.elle

Atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), première cause d’infertilité féminine, Charlotte Muller en a fait son combat. Elle s’est formée au yoga de la fertilité. Ce dernier optimiserait les chances de tomber enceinte, notamment pour les femmes qui s’engagent dans une fécondation in vitro (FIV).

Pour la suivre : @lalocharlotte

Claire Andreewitch est coach en nutrition, naturopathe, professeure de yoga et de méditation. Elle accompagne ses élèves et ses clients à retrouver un équilibre de vie.

Pour la suivre : @claireandreewitch

Comment fonctionne, concrètement, cette méthode ?
Il n’y a rien de magique, ni de mystique. Lorsqu’on respire à fond, on oxygène le sang. Lorsqu’on oxygène le sang, on oxygène le cerveau. L’hypothalamus libère alors des endorphines vers les glandes endocrines. Au bout de quelques minutes, un phénomène appelé transient hypofrontality intervient. La partie frontale (analytique, intellectuelle) de notre cerveau se met en veille : s’ensuivent une perte de la notion du temps, un sentiment d’euphorie. L’énergie circule plus librement, ce qui remue les émotions endormies. C’est un effet similaire à la prise de LSD. Dans les années 1970, quand cette drogue a été interdite aux États-Unis, des psychiatres ont cherché comment on pouvait obtenir ces effets sur le corps de manière naturelle. Et la réponse était : en respirant.

En vidéo, évacuer les tensions avec la sophrologue Veronica Brown

Pouvez-vous nous décrire une séance ?
Je commence par instaurer une relation de confiance avec les participants. Nous discutons, je propose de poser une intention – qu’ils écrivent sur une feuille de papier -, je leur explique le fonctionnement puis nous réalisons une petite méditation. Ensuite, allongés, avec un masque sur les yeux et une couverture sur le corps, ils passent à la respiration proprement dite. Il faut inspirer d’abord par la bouche, énergiquement et en deux temps en gonflant le ventre puis la poitrine, avant d’expirer d’une traite, toujours par la bouche. Notre cerveau est fait pour nous protéger, il va tenter de nous arrêter pendant les dix premières minutes : j’encourage les gens à ne pas lâcher avec des mantras, de la musique (entraînante et variée, de Vivaldi à Abba, en passant par les Eagles, NDLR) et du gong. Je leur prodigue aussi des soins de reiki en apposant mes mains. Après une trentaine de minutes, je les fais respirer par le nez pour «redescendre» en douceur.

Les uns parlent de contractures, certains pleurent, d’autres racontent qu’ils ont eu des visions… Chacun réagit-il différemment ?
Pour les sensations physiques, l’hyperventilation volontaire modifie l’afflux du sang et fait baisser le taux de dioxyde de carbone, ce qui se traduit en effet par des picotements dans les mains, une lourdeur dans les membres, des fous rires ou une sensation de bouche sèche. C’est normal. Si un client panique, je lui dis de revenir à la respiration par le nez et ces symptômes disparaissent dans les minutes qui suivent. Côté émotions, quand on lâche l’ego et les fortifications, on accède à ce qui se cache derrière tout ça : la vérité. Et disparaissent les tensions que nous accumulons depuis quinze ans ou hier, nos armures psychologiques comme «Je dois dire oui à tout le monde parce qu’on m’a appris à le faire», «je ne dois pas tomber amoureuse parce que je ne veux pas me blesser ou être vulnérable»…

(1) Séances de «Breathwork» durant le confinement sur le compte Instagram de Susan Oubari, du lundi au vendredi. Le lundi de 18 à 19 heures, le mardi de 19 à 20 heures, le mercredi de 18 à 19 heures, le jeudi de 19 à 20 heures et le vendredi de 18 à 19 heures.

Pour les personnes très angoissées ou qui souhaitent aller plus en profondeur, Susan Oubari propose des sessions privées à distance (FaceTime, Skype, Zoom), de 75 minutes au tarif de 140 euros.

Breathe in Paris, à partir de 180 € la séance individuelle et 20 € le cours en groupe.
Infos sur susanoubari.com.

*Initialement publié en décembre 2019, cet article a fait l’objet d’une mise à jour.

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