Télétravail : l’efficacité des femmes davantage menacée

Une enquête d’Ipsos et du Boston Consulting Group, publiée le 19 février, révèle que les femmes sont plus impactées par la crise sanitaire sur le plan professionnel.

La crise du Covid-19 a instauré de nouvelles habitudes dans notre quotidien, dans l’intimité mais aussi au travail. Depuis quasiment un an, de nombreuses entreprises demandent à leurs salariés de travailler de chez eux, ce qui, d’après 36% d’entre eux, diminue leurs performances. Autre ombre au tableau : le télétravail semble participer à creuser les inégalités femmes-hommes. La gent féminine est en effet plus affectée par la situation. Ce sont en tous cas les conclusions de l’enquête menée par l’institut Ipsos et le Boston Consulting Group, rendue publique le 19 février dernier. Ainsi, elles se montrent moins sereines que les hommes en ce qui concerne leur avenir professionnel et leurs perspectives de carrière : 60% d’entre elles se disent confiantes, contre 70% pour les hommes. Elles sont aussi 1,3 fois plus susceptibles d’être en situation d’anxiété.  

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Le travail et les tâches domestiques ne font pas bon ménage 

Quand tous les membres du foyer se retrouvent à travailler au même endroit, les femmes se retrouvent perdantes. En effet, si l’étude constate que les hommes s’investissent davantage depuis le début de la crise, ce qui « laisse espérer une transition vers un “nouvel équilibre” », les femmes en font encore plus que d’habitude. Le rapport démontre justement que les salariés ont dû fournir plus d’efforts domestiques, n’ayant plus accès aux mêmes relais : 50% d’entre eux effectuent, par rapport à avant la crise sanitaire, plus de tâches domestiques. Quant aux parents, ils sont 46% à passer plus de temps à encadrer le travail scolaire de leurs enfants et 44% à les accompagner ou les récupérer (école, garderie, activités…). Or, ces actions sont davantage réalisées par des femmes. 

Elles sont aussi 1,3 fois moins nombreuses à disposer d’un espace isolé, alors qu’elles risquent d’être davantage interrompues quand elles télétravaillent (28% des femmes affirment être dérangées contre 19% pour les hommes). Cette nouvelle façon de travailler, qui pourrait s’inscrire dans la durée, mérite d’être observée avec un prisme féminin, car, au-delà des femmes, elle impacte les entreprises elles-mêmes. La moitié des salariés envisagent de réduire leur investissement dans leur travail, en donnant davantage de place à leur vie personnelle, alors que plus d’un sur cinq envisage même de faire une pause professionnelle.

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