Terreurs nocturnes de bébé : causes, symptômes à reconnaître et comment réagir

Les bébés peuvent souffrir de terreurs nocturnes à partir de 18 mois : ils se mettent à pleurer et crier en pleine nuit, mais sont toujours endormis. Comment reconnaître ces crises et comment réagir ?

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Les terreurs nocturnes ont de quoi effrayer un parent, mais elles ne sont pas aussi graves qu’elles ne le paraissent. Si votre enfant se met à crier en plein milieu de la nuit, il pourrait en souffrir.

Quelles sont les causes des terreurs nocturnes ?

Comme les cauchemars, elles sont un passage normal de la vie d’un enfant. Elles se produisent généralement à partir de ses 18 mois et peuvent être fréquentes chez les enfants de 4 à 8 ans. Avant l’âge de dix ans, presque 15% des enfants en font de manière occasionnelle. Il est difficile d’en connaître les causes exactes au moment où elles se déroulent, puisque le bébé qui en souffre les vit endormi, et ne s’en rappelle pas au réveil. Si elles se répètent, elles peuvent être dues à du stress ou des situations angoissantes vécues récemment. Elles peuvent aussi se produire si l’enfant est fatigué. Des phénomènes extrêmes qui ne se produisent pendant la maturation du sommeil du bébé, et qui n’arrivent généralement plus une fois que l’enfant a acquis un bon rythme de sommeil. D’après une étude publiée en 2015 dans la revue médicale JAMA Pediatrics, la génétique pourrait en être l’origine : elles se produisent plus chez les enfants dont les parents en ont aussi souffert.

Les symptômes des terreurs nocturnes

Un enfant qui souffre d’une terreur nocturne se met soudainement à crier pendant la nuit. Assis sur son lit et les yeux ouverts, il paraît éveillé mais est en fait en pleine phase de sommeil lent profond (entre 1 et 3 heures après l’endormissement). Il pleure, hurle, devient parfois rouge (érythrose), souffre d’hypersudation, fait de la tachycardie, peut avoir du mal à respirer et prononcer des paroles incohérentes. Si on tente de le réveiller, toujours sans succès, il peut se montrer agressif ou sauter du lit. Rien ne sert d’essayer d’interagir avec lui, car il n’entend pas ce qu’il se passe autour de lui. Ces épisodes spectaculaires peuvent durer de quelques secondes à parfois plus de 20 minutes. S’ils s’apparentent au somnambulisme (ces deux phénomènes font partie de la catégorie des parasomnies), ils n’y sont pas forcément liés.

Comment réagir lorsqu’un bébé a une terreur nocturne ?

Comme lors de crises de somnambulisme, il ne faut surtout pas réveiller un bébé en pleine terreur nocturne. Le mieux est de parler doucement et lentement à l’enfant, de se montrer doux avec lui en lui caressant le bras ou le front par exemple, ou encore de lui chanter une berceuse qu’il a l’habitude d’entendre. Le but est de le calmer et de l’aider à retrouver un sommeil paisible, sans le réveiller. Si cela ne fonctionne pas, rien ne sert de forcer : c’est un mauvais moment à passer. L’important est de s’assurer que l’enfant ne s’agite pas au point de se blesser.

Si jamais il se réveille et demande de finir sa nuit dans le lit parental, la réponse dépend de ce qui est habituellement accepté dans le domicile familial. L’important est de rester cohérent. S’il n’y a pas le droit durant les nuits où il ne souffre pas de terreurs nocturnes, il n’y a pas de raison de transiger lorsqu’il en traverse. Cela pourrait lui donner l’impression que ses parents ne tiennent pas leurs engagements. Dans les cas où l’enfant peut dormir dans le lit de ses parents, pourquoi pas finir la nuit ensemble, pour s’apaiser mutuellement.

Au lendemain, une conversation peut être lancée sur le sujet, si le bébé est assez grand pour se faire comprendre. Est-il anxieux ces derniers temps ? A-t-il vécu un événement effrayant ou vu une scène violente à la télévision par inadvertance ? Sa journée s’est-elle mal passée à la crèche ou chez l’assistante maternelle ? Les parents peuvent lier ces événements à des terreurs nocturnes. Ses conditions de sommeil peuvent aussi les causer. N’était-il pas à l’aise dans son pyjama ? Avait-il trop chaud ? Faisait-il trop noir ? En amenant cette thématique subtilement et en posant des questions assez ouvertes pour laisser l’enfant s’exprimer, il est possible de trouver l’éventuelle origine de ces épisodes. S’ils se produisent trop régulièrement, un avis médical peut être recueilli, et un pédopsychiatre consulté.

Sources :

Parasomnies de l’enfant, Université Lyon 1.

Le sommeil de 0 à 18 ans – Pathologies/syndromes, Réseau Morphée.

Childhood Sleepwalking and Sleep TerrorsA Longitudinal Study of Prevalence and Familial Aggregation, de Dominique Petit, Marie-Hélène Pennestri, Jean Paquet, Alex Desautels, Antonio Zadra, Frank Vitaro, Richard E. Tremblay, Michel Boivin et Jacques Montplaisir, publié en juin 2015 dans Jama Pediatrics.

Le somnambulisme, les cauchemars et les terreurs nocturnes chez l’enfant (extrait du livre Aider mon enfant à mieux dormir de Brigitte Langevin), Fondation Sommeil.

Mon enfant ne veut pas dormir ! – Peurs, pleurs, cauchemars, écrans… L’aider à trouver le sommeil, de Julie Renauld Millet, publié le 6 février 2020 aux éditions Eyrolles.

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