Thomas Sotto et la relation amoureuse qui le contraint de renoncer aux émissions politiques

Le journaliste a annoncé dimanche 7 novembre qu’il se mettait en retrait de «Elysée 2022», l’émission politique de France 2. Une décision prise afin de parer à tout soupçon de connivence, en raison de sa relation avec la conseillère en communication du premier ministre, Jean Castex.

Pour lui, c’est une décision «simple et claire» : Thomas Sotto ne présentera plus «Elysée 2022», l’émission politique mensuelle de France 2, en compagnie de Léa Salamé. Une mise en retrait qui intervient après que Le Figaro, dimanche 7 novembre, a dévoilé sa relation avec Mayada Boulos, la conseillère en communication du premier ministre Jean Castex.

Dans une interview accordée au Parisien le lendemain, le journaliste a précisé qu’il restait aux commandes de «Télématin», demeurait le joker de Laurent Delahousse au «20 heures» et de Caroline Roux aux «4 vérités», et conservait son émission «Hors Pistes» sur France Inter. Mais qu’il n’y ferait pas d’interviews politiques.

« Suspicion généralisée »

Thomas Sotto a également qualifié sa décision de «difficile, et d’une certaine manière assez injuste», évoquant «un événement personnel, qu'[il] ne souhaite pas développer car cela concerne [sa] vie privée.» Selon Sonia Devillers dans son «Edito M» sur France Inter le 8 novembre, sa relation avec Mayada Boulos serait «tout juste naissante». Mais le journaliste, dans Le Parisien, déclare ne pas vouloir «prêter le flanc à la moindre ambiguïté».

Communiquante ayant travaillé aussi bien dans le secteur privé (elle a été directrice générale adjointe de l’agence Havas Paris) que pour une députée socialiste (Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé sous François Hollande), Mayada Boulos n’est ni élue ni membre du gouvernement. «Mais je me dois de tenir compte de notre époque devenue très violente et qui a tendance à tout hystériser; la suspicion est généralisée», a ajouté Thomas Sotto.

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Politique et idées

Née en 1981 à Paris, Mayada («le roseau qui ploie mais ne rompt pas», en égyptien) Boulos a grandi entre Londres et l’Égypte, le pays de son père, journaliste, écrivain, et militant communiste. Entre lui et sa mère, que la conseillère décrit, dans un portrait que lui a consacré Le Figaro en mars comme «Marthe Villalonga-Mouchy, dans le film Un Éléphant ça trompe énormément», elle évolue dans une «liberté absolue de parole», qui contraste avec l’environnement politique plus rigide du Caire. C’est après le décès de son père qu’elle termine ses études à la Sorbonne, et entame une carrière dans la communication. Elle sera successivement directrice de la communication de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité en 2005, puis celle de la Cité des sciences et de la découverte.

Après quatre années passées auprès de Marisol Touraine, de 2012 à 2016, durant lesquelles elle acquiert «la conviction qu’il y avait une proximité nécessaire entre le monde politique et celui des idées», cette fan de la série politique et parodique The West Wing fait une pause : à l’époque, c’est au tour de son mari, père de ses deux enfants, de s’impliquer dans la campagne d’Emmanuel Macron et auprès de cabinets ministériels. Une rencontre avec le patron de Havas Paris, Stéphane Fouks, débouche sur une proposition d’embauche : «À la fin de la discussion, j’ai changé mes plans et je l’ai recrutée, confiait ce dernier au Figaro. Elle est à la fois intelligente, fine, pas sectaire et peut avoir un regard d’aigle sur les choses.»

C’est durant l’été 2020 qu’elle est approchée pour travailler auprès de Jean Castex, qui lui déclare d’emblée qu’elle a devant elle «un ministre qui n’aime pas la communication». Mayada Boulos relève cette «mission commando», comme elle l’a décrite, en obtenant qu’il pose avec son épouse en couverture de Paris Match ou qu’il figure parmi les invités de l’émission «C à vous».

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Politiques et journalistes

Si l’on ne sait encore officiellement qui, au sein de la majorité, se présentera à l’élection présidentielle, une candidature d’Emmanuel Macron impliquerait nécessairement que son premier ministre y joue un rôle. D’où le retrait de Thomas Sotto, souhaitant se libérer de tout soupçon de connivence. Il n’est pas le premier journaliste à effectuer cette démarche : avant lui, Béatrice Schönberg (compagne de Jean-Louis Borloo), Audrey Pulvar (qui était à l’époque avec Arnaud Montebourg) ou encore Léa Salamé (en couple avec Raphaël Glucksman) s’étaient éloignées temporairement de leurs médias respectifs pour laisser leur conjoint agir politiquement. Il n’est pas non plus le premier homme à le faire : en 2018, le journaliste sportif Frank Ballanger s’était mis en retrait de France Inter lorsque sa compagne, Roxana Maracineanu, avait été nommée ministre des Sports.

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