Tout savoir sur les vaches

Les races bovines se comptent par dizaines. Chacune a sa singularité, comme le montre un livre récent.

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Une grande tribu à l’honneur en France

On connaît la bretonne pie noire, avec sa robe tachetée. Mais qui serait capable d’identifier une maraîchine, une ferrandaise ou une bazadaise ? Ces fiers animaux hexagonaux ont pourtant chacun leur pelage et leur caractère, doux ou bien trempé. L’immense richesse, les subtiles différences et la longue histoire des races bovines constituent le cœur du livre La Tribu des vaches, récemment paru aux éditions du Chêne. En près de 500 pages, l’Autrichien Werner Lampert, pionnier de l’agriculture biologique, propose un tour du monde sur les traces de ces bêtes domestiquées il y a 10 000 ans, qui occupent une place culturelle primordiale dans de nombreuses civilisations.

Une divinité chez les Egyptiens

Dans la vallée du Nil, le ruminant figure au rang des dieux et déesses… dans sa version mâle. Le taureau sacré de l’Egypte ancienne se nomme Apis. Symbole de force et de fécondité, il est considéré comme un oracle, représentant du puissant dieu Ptah (« celui qui crée ») sur terre. La particularité d’Apis est de renaître éternellement. On identifiait les taureaux qui montraient une trace blanche triangulaire sur le front et une marque en forme de scarabée sur la langue comme étant ses réincarnations.

Le sacrifice suprême chez les Celtes

Certaines races britanniques, comme la white park (photo) et la chillingham, dont l’apparition date probablement du XIIIe siècle, sont perçues comme les descendantes directes des vaches celtes. Elles occupent une place singulière dans la culture de la Grande-Bretagne. Dans la mythologie celte en effet, des druides sacrifiaient de grandes vaches blanches lors de cérémonies censées restaurer l’harmonie entre le ciel et la terre. Ils montaient préalablement sur des chênes pour couper une branche de gui avec une serpe d’or, puis immolaient l’animal au cœur de la forêt.

L’invitée de marque en Inde

On l’entoure de bons soins pour s’attirer la bienveillance des dieux. En Inde, la vache est sacrée et source de bienfaits. Dans l’hindouisme, religion majoritaire dans le pays, la divinité bovine Nandi, monture de Shiva, fait tomber la pluie et croître les plantes. Les interactions entre l’homme et l’animal sont donc encore influencées par ces croyances. Toucher une vache lave du poids de la culpabilité. Un mourant qui caresse la queue d’une vache raccourcit l’errance d’un corps à un autre dans l’épreuve de la réincarnation.

A l’origine du monde en Scandinavie

Dans la mythologie nordique, Audhumla, la vache primitive, est à l’origine de tout ! Elle nourrit de son lait le premier être de l’univers, le géant Ymir, né du feu et de la glace. Puis elle lèche des pierres salées, et le premier homme, Buri, apparaît à son tour. La force extraordinaire de ce dernier en fait le père des dieux. Ses petits-enfants – Odin, Vili et Vé, les grandes figures mythologiques scandinaves – créent à leur tour les humains. Dans ces croyances, c’est la puissance nourricière de la vache, sans laquelle les humains ne sont rien, qui est convoquée.

La salers, toute une histoire !

Une légende paysanne auvergnate veut que la salers, star bovine locale, soit un cadeau de Dieu à saint Pierre ! Tous deux contemplaient le spectacle du Cantal, volcan alors actif, déversant ses coulées de lave rougeoyante. Afin d’en garder un souvenir, Dieu transforma le volcan en prairies fertiles et les boules de lave en vaches, au pelage presque rouge, pour les brouter.

Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Voyages n°40 février-mars 2020

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