"Twist à Bamako", le moment communiste de Robert Guédiguian

En quarante ans de cinéma, au rythme d’un film tous les deux ans, Robert Guédiguian n’a que très rarement tourné en dehors de Marseille, de l’Estaque, son quartier d’enfance, et sans sa tribu fidèle.

Dans Twist à Bamako, il évoque les premières années de l’indépendance du Mali au début des années 60, une parenthèse enchantée, un moment communiste pour reprendre son expression, avant que l’utopie révolutionnaire ne soit dévoyée.    

« J’ai toujours considéré que la révolution devait aussi être de l’ordre de la fête. »

à franceinfo

Samba et Lara sont jeunes, amoureux, persuadés que leur vie sera belle dans le Mali socialiste, lui est un jeune militant de la cause, fils de commerçants aisés, elle une villageoise ayant fugué vers Bamako après un mariage forcé.

Stéphane Bak et Alicia Da Luz Gomes illuminent le film de leur innocence, avant que la réalité ne les rattrape brutalement : les traditions patriarcales et la dérive autoritaire des apparatchiks du régime leur réservent un sort tragique, à la Roméo et Juliette.

Fidèle à son sens du conte cinématographique, Robert Guédiguian mêle allégrement poétique et politique et il veut réhabiliter avec Twist à Bamako, dans un langage universel, ces rares moments où les révolutions ont su être bénéfiques et joyeuses.     

En attendant Bojangles de Régis Roinsard 

C’est l’adaptation du roman à succès d’Olivier Bourdeaut, qui racontait à hauteur d’enfant la vie des parents de Gary, couple totalement foutraque dans la France coincée de l’après-guerre.

Mais ici, c’est l’angle du père qui est choisi, Georges, Romain Duris, épouse une femme insaisissable, rencontrée sur la côte d’Azur. Elle change de prénom sans cesse, fuit la banalité du quotidien et ne veut que danser, boire du champagne, le couple mène grand train, offre des fêtes somptueuses, n’ouvre jamais le courrier.

Quand il n’y a plus d’argent, l’euphorie laisse place à la folie, sur l’air de Mr Bojangles chanté par Nina Simone, ce qui donne à Virginie Efira de très belles scènes, mais le film est beaucoup trop figé dans les images d’Epinal pour retrouver la magie du roman.  

Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson

Pour ce film tourné chez lui dans la vallée de San Fernando à Los Angeles, le cinéaste convoque ses souvenirs d’adolescence et son sens du romanesque pour évoquer la jeunesse californienne des années 70, après le premier choc pétrolier.

Gary, un lycéen de 15 ans tombe amoureux d’Alana, assistante photographe bien plus âgée que lui. Alors que l’essence commence à manquer, le duo vadrouille dans tous les sens sur l’air des tubes de l’époque.

Pour incarner cette histoire d’amour assez compliquée, Paul Thomas Anderson a casté Cooper Hofman, le fils de Paul Seymour Hoffman, acteur fétiche de Paul Thomas Anderson, disparu il y a 8 ans, et Alana Haim, musicienne de rock aux États-Unis. Bradley Cooper, Tom Waits, Sean Penn complètent un casting baroque pour servir un film à la nostalgie joyeuse.            

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