Un nouveau best of Alain Souchon, parce que "toute la vie est égrenée par des souvenirs de chansons"

Alain Souchon nous donne la main depuis les années 70 avec des titres qui évoquent des souvenirs, et peu importe l’âge qu’on a. Il est une figure majeure de la chanson française, un repère, gravé dans le cœur des Français avec : J’ai dix ans, Jamais content, Allo Maman Bobo, Bidon, La ballade de Jim, Quand je serai K.O...

Il sort un best of : (Nouvelle) collection, avec 57 titres très connus ou un peu moins.

franceinfo : Que représente ce coffret pour vous ?

Alain Souchon : Ça représente ma vie professionnelle. Yves Simon a l’habitude de dire : « Les chansons, c’est un calendrier affectif« , c’est-à-dire que toute la vie est égrenée par des souvenirs de chansons. Quand j’ai fait ma communion, c’était ça… Etc… C’est comme ça et c’est assez merveilleux. Ce n’est rien, les chansons, mais ça rentre dans la tête et c’est sympa.

Ce n’est pas rien parce que ça nous accompagne, elles nous rappellent des moments précis. Vous vous souvenez de la première chanson que vous avez entendue ? Qui vous a créé une émotion ?

Ça nous accompagne. Je me souviens de la première fois que j’ai entendu Georges Brassens qui chantait « Avec mon petit vélo, j’avais l’air d’un con« . J’ai trouvé génial que quelqu’un parle comme ça, comme on parlait à l’école.

Il aurait eu 100 ans et ses chansons sont toujours d’actualité. C’est un peu votre cas. Quand on écoute vos chansons, on se rend compte que vous êtes toujours dans l’air du temps, que vous nous avez aussi raconté de belles histoires. C’est quoi une bonne chanson pour vous en tant qu’auteur ?

Il faut un air qui soit comme un « pimpon » de pompier, c’est-à-dire qu’on tourne la tête en disant : « Oh, c’est agréable« , on tend l’oreille et alors on écoute forcément ce qu’elle raconte. Et si, en plus, elle raconte quelque chose qui vous transporte, la chanson est très réussie.

Quel regard avez-vous sur tout votre répertoire, sur le fait que les gens reprennent à tue-tête vos chansons dans chacun de vos concerts ?

On a de la chance d’être un chanteur populaire. C’est sûr que ce rendez-vous qu’on a avec les gens qui vous applaudissent quand vous arrivez, c’est une sensation, ça fait comme si on était important ou beau. Tout est artificiel, mais c’est agréable.

« Un concert est un rendez-vous d’amitié. »

à franceinfo

Le point de départ est J’ai dix ans. C’est la première chanson de ce best of. Quelle place occupe-t-elle dans votre vie ?

La rencontre avec Laurent Voulzy. Je ne l’aurais pas rencontré, je n’aurais pas eu de succès, sans doute parce que je ne suis pas un très bon musicien. Et le fait de s’être rencontrés, ça a fait des étincelles. Comparé à Mick Jagger et Keith Richards, c’est la même chose en moins planétaire, c’est très agréable.

Quand il parle de vous, il dit la même chose. C’est vraiment un effet miroir. Il parle de vous comme un frère.

Oui, c’est ça. On est les frères.

Il y a vos enfants sur cet album avec la chanson Le marin, Ours et Pierre Souchon. Ils vous accompagnent depuis pas mal de temps. Vous avez commencé avec Le soldat rose. Vous avez un rapport, une tendresse qui est assez incroyable entre vous.

« Mes fils ont du talent, alors je les exploite, j’en profite ! »

à franceinfo

Je suis content, qu’ils aient du plaisir dans la vie à faire des choses qui les intéressent et à gagner leur croûte.

Et eux, ils ont aussi ce besoin d’être proche de vous ?

Je ne sais pas. C’est surtout moi qui ai besoin d’eux, d’être proche d’eux. Les enfants de chanteurs ont des pères qui sont tout le temps partis, en tournée ou bien dans les studios. Et puis surtout, c’est un métier qui vous renferme sur vous même parce que c’est un métier un peu d’artiste. On n’est pas de grands artistes comme Van Gogh, mais on est des artistes. On se complaît dans soi-même, dans son regard sur le monde. Donc, ça vous isole un peu du reste et même de la famille alors, il faut faire attention. 

Pourquoi la reprise de la chanson Le marin avec vos fils ?

Parce que c’est une chanson de marin très simple, c’est-à-dire qu’elle est faite pour être chantée à plusieurs dans un bar à Brest. Parce que cet endroit, là-bas, la mer d’Iroise, au bout de la Bretagne, c’est l’un des plus beaux endroits du monde.

Est-ce que vous prenez conscience de ce que vous représentez pour les gens ? À chaque fois qu’on vous dit ce que vous incarnez pour eux, vous semblez comme gêné !

Non, non, mais enfin, je vois bien ce que représentent des gens comme Serge Gainsbourg ou Georges Brassens pour moi. Je n’ose pas me dire que je représente pareil pour d’autres, mais peut-être, un petit peu. Et donc, je sais que pour moi, ce sont des gens que je trouve extraordinaires.

En ce moment, je fais une tournée, et je vois bien quand j’arrive, les gens applaudissent, c’est génial. Et puis je commence avec ma guitare, seul et je chante Allo Maman, Bobo et tout le monde chante avec moi. Parfois, ils sont 10 000. C’est exaltant. Je me dis quelle chance, j’ai. C’est vrai.

Est-ce que vous êtes heureux aujourd’hui ?

Oui, parce que j’ai une famille qui me rend très heureux, puis j’ai la chance d’être en bonne santé. J’ai des moments de bonheurs, oui !

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