Wonder Woman, icône pop-féministe

  • Les origines de Wonder Woman
  • Wonder Woman, une héroïne intemporelle mais controversée
  • Wonder Woman incarnée par Lynda Carter
  • Wonder Woman interprétée par Gal Gadot
  • Un film avec son lot de polémiques
  • Un troisième film Wonder Woman prévu

En 2017, Wonder Woman est la première super-héroïne de premier plan à laquelle un film gros budget est consacré. Et pas n’importe laquelle, puisque Wonder Woman est devenue au fil des décennies une icône féministe.

Lundi 8 novembre à 21h15, TMC rediffuse Wonder Woman de Patty Jenkins. Gros succès au box-office avec 820 millions de dollars de bénéfices, il a entériné Wonder Woman en symbole incontournable pop-culture d’émancipation féministe.

Princesse des Amazones et guerrière combattante, issue de l’univers DC Comics (Batman, Superman…) Wonder Woman a inspiré plusieurs générations de femmes. Retour sur 80 ans d’histoire et d’engagement féministe. 

Les origines de Wonder Woman

Née de l’imagination du psychologue, inventeur et écrivain américain William Moulton Marston à la fin des années 1930, Wonder Woman fait ses premiers pas sous forme de bande dessinée aux États-Unis en 1941. Avec un chiffre de vente record de 2,5 millions d’exemplaires, le « comics » reste l’un des plus grands succès de tous les temps. Son auteur publie sous le pseudonyme Charles Moulton.

En 1942, l’écrivain, en faveur de l’égalité hommes-femmes, dévoile sa véritable identité : « Wonder Woman, c’est de la propagande psychologique pour le nouveau type de femmes, qui selon moi, devraient mener le monde », a-t-il écrit.

Si Wonder Woman, aka la Princesse Diana, puise certaines caractéristiques dans la mythologie grecque, il semblerait que le psychologue américain se soit inspiré de Margaret Sanger (militante des droits des femmes et à l’origine du planning familial aux États-Unis) ainsi que des deux femmes qui ont partagé sa vie.

En effet, William Moulton Marston vivait sous le même toit avec son épouse, Elizabeth Holloway Marston, ainsi que son autre partenaire, Olive Byrne, et leurs quatre enfants.

En 1947, William Moulton Marston décède et laisse Wonder Woman orpheline : la bande dessinée renaîtra en 1975 sous forme de série télévisée.

Wonder Woman, une héroïne intemporelle mais controversée

Wonder Woman est le premier personnage féminin à être mis en avant dans un comic. Près d’un siècle plus tard, elle reste incontournable, tant pour la pop culture que pour sa représentation du féminisme.

Élevée parmi les siennes, les Amazones, des femmes guerrières, Wonder Woman a grandi sans hommes, dont elle ne connaît pas l’existence, ni la violence. Cette enfance sans hommes, ses super-pouvoirs, son courage et son indépendance font d’elle un symbole intemporel d’émancipation des femmes. Elle incarne une vision moderne et atypique de la femme, s’émancipant des préjugés sexistes, à la fois capable d’empathie et de force.

Pour se défendre, Wonder Woman possède un lasso, une arme qui permet de faire dire la vérité à toute personne qu’elle attrape. Évidemment, elle est aussi dotée d’une force incroyable, égale à celle des super-héros masculins prisés à l’époque. Enfin, elle possède des bracelets magiques de soumission aux avants-bras, qui peuvent arrêter n’importe quelle balle. En les croisant, elle peut aussi émettre un fort rayon d’énergie.  

Au milieu des années 60, quelques modifications sont faites sur le passé de l’héroïne. En effet, son origine est réécrite et ses pouvoirs sont dorénavant hérités de divinités grecques et romaines.

Loin de faire l’unanimité, nombreux sont ceux qui critiquent ces changements et préfèrent la version originale. Ce n’est pas le seul aspect de Wonder Woman qui a été mis à mal. Par la suite, des détracteurs reprochent à la série de promouvoir une héroïne aux « mensurations parfaites », idéalisées.

Et pourtant, ces commentaires n’ont pas empêché l’Organisation des Nations Unies (ONU) de mettre à l’honneur Wonder Woman dans sa campagne internationale pour l’émancipation des femmes et des jeunes filles en 2016.

Wonder Woman incarnée par Lynda Carter

Pendant quatre ans et soixante épisodes, l’actrice américaine Lynda Carter revêt le body étoilé bleu et rouge de la Princesse des Amazones dans la série The new adventures of Wonder Woman. Le succès est au rendez-vous. 

C’est la première apparition télévisée de Wonder Woman. Et vraisemblablement, l’un des premiers rôles principaux obtenus par une femme sur le petit écran.

« Quand je lisais les comics enfant, Wonder Woman m’a appris que nous pouvons tous nous tourner vers l’intérieur de nous-mêmes pour trouver la force et le pouvoir de faire ce qui est juste », se réjouissait encore Lynda Carter sur son compte Instagram, en octobre 2020.

https://www.instagram.com/p/CGnkedyJlqr/

Dans cette adaptation, Diana Prince est l’opposé du stéréotype de la femme en détresse, souvent le seul rôle autorisé aux femmes dans la fiction. Elle offre donc une nouvelle source d’inspiration pour les femmes et futures générations.

En 2011, la chaîne NBC tente de relancer la série avec Adrianne Palicki dans le rôle-titre. Mais c’est un échec : le projet est abandonné après le pilote. 

Wonder Woman interprétée par Gal Gadot

En 2017, Wonder Woman change de visage. Pour le premier long-métrage entièrement dédié à l’héroïne, c’est l’actrice et mannequin israélienne Gal Gadot qui l’incarne.

Un défi, puisque c’est le premier blockbuster de l’histoire du cinéma consacré à une femme super-héros de premier plan. Un film avec une résonance féministe plus qu’importante pour la pop-culture, et avec un impact majeur, comme l’explique Gal Gadot dans une interview à  À nous Paris : « Dans le monde, il y a autant d’hommes que de femmes, donc c’est important que nous soyons représentées dans ce genre de films. Et Wonder Woman est parfaite pour cela. Elle est à la fois forte et iconique, donc c’est parfait. »

C’est important que nous soyons représentées dans ce genre de films.

Si le rôle aurait pu en intimider plus d’une, l’actrice n’a pas hésité une seule seconde lorsqu’on le lui a proposé. Consciente du travail qui l’attendait, la jeune femme a confié : « Incarner Wonder Woman, c’était comme gravir l’Everest. Je me demandais parfois par où commencer pour atteindre le sommet ».

Ce premier film éponyme revient sur les origines de Diana Prince, princesse des Amazones. Préservée et éloignée de tout combat durant son enfance, elle débarque dans le monde des humains, en plein milieu de la Première Guerre mondiale, et se retrouve confrontée à la noirceur de l’homme. 

C’est la plus puissante guerrière mais en même temps, elle peut être vulnérable

Comme le disait Gal Gadot dans une interview : « Oui, c’est la plus puissante guerrière mais en même temps, elle peut être vulnérable, elle peut avoir confiance en elle et être confuse, et confuse dans la mission parce qu’elle est tellement de choses. »

Le film est aussi revendiqué féministe car il est réalisé par une femme cinéaste : Patty Jenkins. En plus d’être le premier film centré sur une héroïne, c’est aussi le premier film de super-héros réalisé par une femme.

Dans une interview Gal Gadot confiait : « Patty a été une partenaire extraordinaire. J’ai tellement de chance qu’elle m’ait dirigé dans ce film. Nous avons eu de nombreuses conversations créatives et pour nous deux, il était important que ce personnage soit racontable. »

Un film avec son lot de polémiques

Le film Wonder Woman a été salué par la critique. La représentation d’une super-héroïne, sans tomber dans le stéréotype de l’object sexuel, est réussie pour de nombreux magazines comme Le Point, qui prédisait alors que ce « long-métrage devrait ouvrir la voie à d’autres blockbusters féminins ».

Wonder Woman se hisse à la première place des plus gros succès de l’univers cinématographique de DC Comics, et à la troisième pour les adaptations des bandes dessinées de DC Entertainment aux États-Unis, avec un total de 821.5 millions de recettes dans le monde.

Mais le film a aussi eu droit à sa dose de polémique. Au Liban, le ministère de l’Intérieur avait décidé de l’interdire en raison de l’origine et des prises de position de l’actrice en faveur des soldats israéliens.

Elle a toujours écrasé ses adversaires et a toujours eu les aisselles épilées.

Des internautes s’étaient aussi insurgés contre le fait que dans le film, Wonder Woman porte des bottes à talons compensés, et soit parfaitement épilée au niveau des aisselles. Un débat balayé par la journaliste de The National review, Katherine Timpf : « Il n’y a pas de débat sur le physique de Wonder Woman parce qu’elle est comme DC Comics l’a imaginée en 1941. Elle a toujours écrasé ses adversaires et a toujours eu les aisselles épilées. Si vous ne l’aimez pas telle quelle, inventez votre propre héros qui ne se rase pas. » 

Un troisième film Wonder Woman prévu

Depuis, Gal Gadot a à nouveau incarné la super-héroïne dans Wonder Woman 1984, suite du premier volet. Sorti en 2020, il se déroule 75 ans après le premier volet, en pleine Guerre Froide. Mais cette suite est très mal accueillie par les critiques.

Un troisième film Wonder Woman a pourtant été confirmé par Warner Bros en décembre 2020. Si aucune date de tournage n’a encore été communiquée, c’est bien Patty Jenkins qui reprendra la réalisation de ce troisième film, où Gal Gadot incarnera encore la super-héroïne. À l’automne 2021, l’actrice a confié que l’écriture du scénario est en cours. 

Bonne nouvelle pour les puristes : Lynda Carter sera elle aussi au casting. Elle jouera cette fois le rôle d’Astéria, plus grande guerrière des Amazones. 

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