Dior redéfinit l'étoffe du luxe dans un defilé haute couture bien réel

Dans un décor entièrement brodé à la main, conçu par l’artiste Eva Jospin, et installé au musée Rodin, à Paris, la directrice artistique Maria Grazia Chiuri dévoile une collection haute couture qui magnifie la matière et le savoir-faire.

Après plusieurs saisons de restrictions et de show transformés en expériences cinématographiques digitales, ce défilé haute couture Dior est l’un des premiers à renouer avec un public, en présentiel. Pour ce retour au réel, Maria Grazia Chiuri, directrice artistique des collections féminines, souhaitait se réapproprier les valeurs de la haute couture. Son but ? Magnifier le travail de la main, sublimer les jeux de textiles, raviver l’instinct du toucher.

Le concept. Dans une ère très – trop – virtuelle, le tactile reprend ses droits. Le décor du défilé illustre à la perfection cette idée. L’artiste française Eva Jospin a conçu une œuvre monumentale et éphémère que le grand public pourra admirer jusqu’au 11 juillet dans les jardins du musée Rodin, à Paris. Cette galerie immersive de 40 mètre de long a été entièrement brodée à la main, en Inde, d’après un dessin unique de l’artiste. C’est un paysage imaginaire, d’une poésie totale, comme une illusion précieuse. Cette Chambre à soie, est une double référence à la Salle aux broderies d’inspiration indienne du palais Colonna, à Rome, et au manifeste féministe de Virginia Woolf A Room of One’s Own (Une chambre à soi). Une nouvelle fois, Maria Grazia Chiuri poursuit son dialogue avec les femmes artistes.




L’allure. Toute la collection redéfinit l’étoffe du luxe. Il y est question de matières, de tissages, de broderies. Et de savoir-faire. La maestria des petites mains s’exprime à travers des silhouettes qui combinent de grands manteaux en patchwork de tweed bouclé avec des jupes brodées de plumes à effet tweed. La taille est soulignée subtilement avec une ceinture sur le devant, tandis que le vêtement n’est pas enserré dans le dos. Délicate, libre, assurée. Rien n’entrave la démarche de la femme Dior dans ses longues robes aériennes d’organza ou mousseline de soie aux savants plissés drapés. Une partie de la collection semble taillée pour le red carpet comme cette robe longue aux couleurs de sous-bois en plumes et voile dégradé à l’effet feuillage. Mais la plupart des silhouettes proposent une haute couture désirable pour la vie réelle, qui ne nécessite pas d’attendre un événement d’exception pour être portée, avec ses pantalons et basques en tweed sur top en maille résille noire ou ces tailleurs Bar jupe-culotte en flanelle grise.

Le front row. Les stars refont leur apparition au premier rang, notamment les Américaines avec Anna Wintour, mais surtout l’actrice Jessica Chastain et la top Cara Delevingne. Monica Bellucci aussi était présente.

Les détails. Bottes plates aux pieds, casquette de cavalière et mitaines bijoux aux mains, la femme Dior haute couture s’affranchit des codes traditionnels.

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