"Sexualisées", obsolètes… aux JO de Tokyo les tenues des athlètes continuent de faire débat

Le 25 juillet à Tokyo, les gymnastes allemandes ont troqué le justaucorps pour la combinaison longue. Le même jour, les skateuses faisaient leur entrée aux JO en tenues sportswear. Après des décennies de codes vestimentaires décidés par les fédérations, les sportives défendent leur voix au chapitre.

Annoncés comme les premiers Jeux de l’histoire à respecter la parité, les JO de Tokyo ne sont pas épargnés par les polémiques sexistes. Ce week-end, les gymnastes allemandes ont fait sensation en troquant le justaucorps pour la combinaison longue. Trois mois après les championnats d’Europe, les gymnastes Elisabeth Seitz, Sarah Voss, Pauline Schaefer-Betz et Kim Bui ont donc récidivé en se présentant vêtues d’une combinaison rouge et blanche intégrale. Bien qu’autorisée par la Fédération internationale de gymnastique, cette tenue a relancé le débat sur les codes vestimentaires imposés aux athlètes féminines.

Pudeur et puberté

«Nous, les femmes, voulons toutes nous sentir bien dans notre peau. Dans notre sport, cela devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que l’on sort de son corps d’enfant», déclarait Sarah Voss, en avril. «Quand j’étais petite, je ne voyais pas les tenues de gymnastique serrées comme un gros problème. Mais quand la puberté a commencé, quand mes règles sont arrivées, j’ai commencé à me sentir de plus en plus mal à l’aise», ajoutait-elle. Un propos qu’appuie sa coéquipière, Elisabeth Seitz, dans les pages du site SWR. Cette dernière estime en effet que le justaucorps court expose les jeunes gymnastes, notamment sur Internet où leurs photos circulent, et «attirent beaucoup de monde… et pas seulement les amateurs de sport». «Si un petit quelque chose déborde, alors tout le monde voit plus que ce qu’il devrait voir», explique-t-elle.

Le bikini de la discorde

Le 18 juillet, lors du championnat d’Europe de beach handball, l’équipe féminine norvégienne a fait parler d’elle en refusant de porter le maillot deux pièces réglementaire. Lors de leur rencontre face aux Espagnoles, les sportives scandinaves sont apparues en short, comme leurs homologues masculins. À l’issue de la compétition, les Norvégiennes se sont vu infliger une amende de 1500 euros par la Fédération européenne. La décision avait aussitôt déclenché un tollé. «De nombreux changements d’attitudes sont nécessaires dans l’univers international macho et conservateur du sport», avait commenté le ministre norvégien de la Culture, Abid Raja, en charge des questions sportives. La position des instances européennes du beach handball semble d’autant plus obsolète que le bikini n’est plus obligatoire en beach volley depuis 2012.

En 2021, le skate-board fait son entrée aux Jeux olympiques. Médaillée d’or à l’épreuve du street, la Japonaise Momiji Nishiya devient, à 13 ans et 10 mois, la troisième plus jeune athlète à remporter l’or aux Jeux d’été.

Si certains sports olympiques tardent à évoluer en matière de règlement vestimentaire, d’autres permettent de dépoussiérer le protocole. C’est aussi pour moderniser l’image des JO et rajeunir son audience que le CIO a intégré le skate-board au calendrier des Jeux de Tokyo. Ce sont donc des sportifs et sportives d’un nouveau genre que les spectateurs ont découvert lors des premières épreuves qui ont démarré le week-end dernier. Vêtues – comme les garçons – de tee-shirt et pantalons amples et longs, la Japonaise Momiji Nishiya et la Brésilienne Rayssa Leal, toutes deux âgées de 13 ans, ont décroché respectivement l’or et l’argent.

Rafraîchissantes par leur âge, les jeunes athlètes l’étaient aussi par leur style vestimentaire. Signés Nike SB, en collaboration avec l’illustrateur néerlandais Piet Parra, les maillots et pantalons des skateurs et skateuses ont apporté un peu de diversité et de coolitude dans le paysage des uniformes olympiques. Chaque sportif a en effet pu choisir sa tenue, qui n’était pas forcément identique à celle des autres membres de son équipe. Reflétant l’esprit du skate-board, ce vent de liberté amorce une petite révolution dans l’histoire des Jeux et peut-être le début d’une nouvelle ère. Après des décennies de codes vestimentaires «sexualisants», les sportives entendent remettre le sport au cœur du débat.

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