A Cannes, l’adieu populaire à Annie Cordy, la "jongleuse d’émotion"

Des centaines de personnes parmi lesquelles Dave ou Michèle Torr sont venues à Cannes samedi 12 septembre 2020 rendre un hommage émouvant à Annie Cordy, un “clown” mais aussi “une jongleuse d’émotions“. La chanteuse et comédienne belge est décédée la semaine dernière à 92 ans, après un malaise chez elle à Vallauris, dans les Alpes-Maritimes.

La cérémonie se déroulait en plein air sur la Butte de Saint-Cassien, un cadre bucolique bien connu des Cannois. A son image, elle était ouverte au public, une jauge limitée à 500 personnes avec masque obligatoire. Outre Dave ou Michèle Torr, l’humouriste Roland Magdane, la chanteuse Charlotte Julian et le chanteur Hervé Vilard étaient présents.

Lors des obséques de la chanteuse Annie Cordy à Cannes, le samedi 12 septembre 2020. (VALERY HACHE / AFP)

Hommages à une femme sensible

Emmanuelle Guilcher, directrice adjointe de la programmation de France 2, a décrit une amie “sensible et pudique, terriblement pudique“. “Derrière ce personnage en apparence léger, il y avait une profondeur“, a-t-elle ajouté. Durant une minute de recueillement où on entendait simplement Annie Cordy fredonner a donné corps à ces paroles.

Il y avait toutes les couleurs de la vie dans ce que tu chantais et ces couleurs brillaient sur ton manteau d’Arlequin“, “tu étais clown mais aussi une funambule sur le fil de nos fragilités, une jongleuse d’émotions“, a poursuivi Claude Lemesle, parolier qui a écrit sur La Rafle du Vel d’Hiv pour l’artiste sur une musique de Gilbert Bécaud. Un titre qui côtoie dans son répertoire ses chansons rigolotes, Tata Yoyo ou La bonne du curé.

Son cercueil était encadré sur la scène de deux grands portraits de l’artiste et autour d’innombrables gerbes de fleurs notamment de la famille de Luis Mariano, la ville de Bruxelles, qui a baptisé un parc à son nom il y a deux ans, ou de l’ex-roi belge Albert II. A Bruxelles d’ailleurs, le métro lui rendait à sa façon hommage, en diffusant toute la journée une sélection de ses chansons dans les stations.

La nièce d’Annie Cordy, Michele Lebon, prend la parole aux obsèques à Cannes de la chanteuse et actrice, samedi 12 septembre 2020. (VALERY HACHE / AFP)

Une perfectionniste multi-talentueuse

Meneuse de revue au Lido, où Léonie Cooreman devint Annie Cordy en 1950, l’infatigable fantaisiste a fait preuve d’un perfectionnisme quasi maniaque, s‘opérettes en comédies musicales, en passant par le rire, la chanson, le théâtre, le cinéma et les téléfilms.

Car l’amuseuse professionnelle était également une excellente actrice. Après avoir débuté avec Sacha Guitry (Si Versailles m’était conté, 1953), elle avait élargi son répertoire en jouant des rôles dramatiques dans Le Passager de la pluie de René Clément, Le Chat de Pierre Granier-Deferre, aux côtés de Jean Gabin et Simone Signoret, ou La Rupture (Claude Chabrol). En 2015, elle sonnait tout aussi juste dans son rôle de grand-mère fugueuse dans Les souvenirs de Jean-Paul Rouve.

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