"Angèle", un documentaire Netflix dévoile la face cachée du parcours de la chanteuse : impressions d'avant-première

Une ritournelle pop tourne en boucle dans l’immense salle du Grand Rex, classée monument historique. « Bruxelles, je t’aime, Bruxelles, je t’aime. » L’arche surmontant l’écran de cinéma s’illumine de toutes les couleurs. La pièce est pleine à craquer et les téléphones portables s’allument et s’éteignent régulièrement. « Envoyez vos selfies, mais aussi vos questions sur Instagram et Twitter au #AngèleNetflix », scande sur scène l’animatrice chargée de faire réagir le public. Elle annonce à plusieurs reprises l’arrivée imminente de la chanteuse, provoquant un certain émoi chez les spectateurs. Enfin, la star est là, sous les cris et applaudissements. Pas de chanson, elle vient présenter en avant-première un documentaire relatant son histoire, réalisé par Sébastien Rensonnet et Brice VDH.

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« Qui suis-je ? »

Habituellement responsables des clips de la jeune femme, les réalisateurs ont cette fois travaillé un tout autre format, sur la proposition de Netflix : « C’était très différent. II y a eu beaucoup plus de montage à faire. On est restés longtemps enfermés pour détricoter l’histoire d’Angèle », expliquent le deux hommes, qui disent avoir ouvert tous les téléphones et Ipads de la chanteuse pour y trouver « les traces de sa vie ». « Il a fallu apprivoiser Angèle, c’est quelqu’un de très pudique. » Difficile à imaginer si l’on se fie à ses réseaux sociaux où elle partage ses journées avec ses followers. Foi d’Angèle : « Sur Instagram, c’est très spontané, je ne me pose pas de questions. Je ne montre pas mes états d’âme, mes sentiments, ou mes moments de faiblesse. » Dans son documentaire, si.

Il commence avec le premier confinement, un moment de pause après un début de carrière explosif. Depuis 2017, Angèle enchaîne les tournées, sans jamais s’arrêter. A travers ses différents journaux intimes, le film retrace l’émergence de la star depuis ses 15 ans, et les difficultés à gérer cette célébrité montante. L’écriture change, d’abord enfantine au stylo plume bleu, elle se transforme au fur et à mesure en tracé plus affirmé écrit au bic noir. Une constante demeure : l’impression de toujours avoir quelque chose à prouver. Née dans une famille d’artistes – mère comédienne et père musicien – elle craint d’être désignée uniquement comme « la fille de Laurence Bibot et de Marka ». Il s’agit de s’affirmer : « qui suis-je ? », répète-t-elle régulièrement.

Les doutes 

« Avec ce documentaire, on découvre ses doutes », constate Claudia, une fan, à la fin de la projection. Avec la sortie du clip La Loi de Murphy sur YouTube en 2017 et un nombre de vues qui s’affole, Angèle est prise d’angoisses. Elle est heureuse, ce qui lui arrive est incroyable, certes, mais pourquoi alors n’arrive-t-elle plus à dormir la nuit ? Commence la vie d’artiste et la peur perpétuelle de l’échec. « C’est intéressant de voir les coulisses de son ascension, mais surtout d’observer les conséquences sur sa santé mentale », ajoute Coline, elle aussi amatrice.

Même si ces deux groupies connaissaient beaucoup d’éléments de la vie de leur idole, elles ont parfois été surprises. « Je n’étais pas du tout au courant de l’affaire Playboy », indique Claudia. Le magazine publie sans son accord dans ses colonnes une photo où on la voit torse nu, des poivrons dans les mains pour couvrir sa poitrine. Grosse déception. Son corps y est sexualisé. L’affaire, d’abord personnelle, ne peut que renforcer sa détermination féministe. Autre étape, avec sa chanson Balance ton quoi, écrite après avoir été harcelée dans les transports en commun, elle devient malgré elle symbole de la lutte. L’idée l’enthousiasme et la terrifie.

« J’ai décidé de raconter certaines choses, pas tout non plus, faut pas rêver » 

Après l’affaire Playboy, sa relation à la presse se complique. C’est là probablement aussi l’une des raisons qui justifient le documentaire. Raconter l’histoire telle qu’elle l’a vécue. « En faisant ce métier, j’ai accepté qu’une partie de ma vie soit partagée. Il y a des choses hors de contrôle, mais j’avais envie de reprendre le contrôle là-dessus, raconte-t-elle lors de la présentation du film. J’ai décidé de raconter certaines choses, pas tout non plus, faut pas rêver. »

Quoi qu’il en soit, son documentaire annonce un album – Nonante-cinq, comprenez 95, comme son année de naissance – bien plus personnel que le premier. Moins universel, et musicalement nourri de ses rencontres, comme celle avec l’artiste Dua Lipa. « Il a été fait avec tous les ingrédients de ma vraie vie », souffle Angèle. Cinq années entêtantes à raconter. Rendez-vous le 10 decembre. 

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