"Je culpabilise d’avoir une vie trop facile" : Francis Cabrel rend hommage à son père ouvrier dans son dernier album

Très rare sur les plateaux de télévision, Francis Cabrel a accepté l’invitation de Laurent Delahousse. Une interview tout en sincérité sur ses origines modestes, son exil dans son village natal du Lot-et-Garonne loin du showbiz ou encore son amitié avec Dick Rivers.

Un 14e album confession

Un nouvel album de Francis Cabrel est toujours un événement. A l’aube revenant sort ce vendredi 16 octobre. Te ressembler est le premier single extrait de cet opus. Dans ce titre, Francis Cabrel rend hommage à son père qui a travaillé de longues années dans une usine de fabrication de biscuits. Une chanson que l’artiste a mis du temps à composer. “Je savais que je devais l’écrire mais je reculais toujours le moment”, reconnait Francis Cabrel. “Et là je me suis dit : si jamais c’est mon dernier disque, est-ce que j’ai parlé de tous les gens importants ? Non !”. Une prise de conscience qui a poussé cet artiste, d’habitude si pudique, à parler du vécu si difficile de son père. “Je culpabilise tous les jours d’avoir une vie trop simple, trop facile. C’est exactement l’opposé de la vie que mon père a eue”, confie-t-il sur le plateau de France 2.  

Francis Cabrel en studio pour l’enregistrement de son dernier album “A l’aube revenant”.  (France 2)

Les influences de Bob Dylan et Dick Rivers

Avec son métier, Francis Cabrel a fait le tour de la planète. Mais là où il se sent le mieux, dit-il, c’est chez lui, à Astaffort, dans son village natal, de 2000 habitants, du Lot-et-Garonne où il réside. Comme Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel a choisi l’exil, pour vivre loin du showbiz. Un choix qu’il assume et qui lui permet de rester fidèle à ses origines et d’avoir une vie normale. Pendant cette interview, on apprend également que sans Bob Dylan, Francis Cabrel n’aurait peut-être jamais fait carrière dans la chanson. Comme les Beatles, l’artiste français a été influencé, dès l’âge de 14 ans, par l’univers artistique de la star américaine. “Il a écrit les plus belles chansons du répertoire folk rock”, raconte-t-il admiratif.

Autre artiste important dans la vie du chanteur français, Dick Rivers, disparu en avril 2019. “Il était génial ce type. Il chantait super bien et ne vivait que pour la musique américaine”, se souvient ému Francis Cabrel. En 1990, les deux artistes avaient fait une mini-tournée d’un mois appelée Rock’n’roll show. En avril dernier, un album live reprenant quelques extraits de ces concerts est sorti à l’initiative de Francis Cabrel, soucieux de rendre hommage à son ami.

“Je ne peux pas rechanter au Bataclan”

Le Bataclan, où le chanteur s’est souvent produit, reste un sujet difficile pour Francis Cabrel. En 2015, après les attentats de 13 novembre, le chanteur avait déclaré qu’il “aurait du mal à retourner sur cette scène”. Aujourd’hui, interrogé par Laurent Delahousse, sa position n’a guère changé. “Pour moi, c’est plutôt un sanctuaire qu’on doit respecter. Je ne peux pas y rechanter, même si j’ai passé de bons moments dans cette salle”, conclut-il.     

Francis Cabrel, en live, sur le plateau du “20h30, le dimanche”.  (France 2)

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