"Les enfants terribles" à l'opéra de Rennes : Cocteau revu par Phia Ménard

Qui n’a jamais entendu cette sentence  : « l’opéra c’est cher et seulement à Paris et dans les grandes villes »  ? Pour mieux diffuser l’art lyrique, six théâtres en région se sont associés, trois scènes nationales et trois opéras, ils produisent ensemble une œuvre par an, jouée dans leurs villes et d’autres séduites par ce format. Cette année c’est Les enfants terribles de Cocteau, musique de Philip Glass, mise en scène de Phia Ménard.

Sur la scène du très beau théâtre à l’italienne de l’opéra de Vienne, trois pianistes jouent la musique enivrante de Philip Glass, les chanteurs évoluent dans une scénographie au diapason, des plateaux tournants, comme un mouvement perpétuel. Les enfants terribles, c’est un roman de Cocteau en 1929, puis le film de Jean-Pierre Melville en 1950, enfin un opéra en 1996 sous la plume de Philip Glass, maître de la musique répétitive.

Chez Cocteau, les personnages sortent de l’adolescence, un frère et une sœur fusionnels, un ami fidèle et un sale gosse, qui revient à la fin en femme. La metteure en scène Phia Ménard prend le parti d’en faire des vieilles personnes en Ehpad  :  les corps sont fatigués mais les sentiments toujours à fleur de peau.  » C’est l’amour, c’est la passion, c’est aussi la drogue que Cocteau consommait beaucoup, explique Phia Ménard.  Il y a aussi ces passions passées, celles qu’on regrette de ne pas avoir vécues, ou celles qu’on aimerait voir rejaillir. Jusqu’à cette fin terrifiante. »

« La scénographie, qui tourne, m’a été directement donnée par le côté entêtant de la musique de Philip Glass. »

à franceinfo

Pari gagné pour Phia Ménard, qui envoûte le public en actualisant l’œuvre, le narrateur est irrésistible, tout comme les images scéniques qu’elle fabrique. Les enfants terribles est donc à Rennes jusqu’à dimanche 20 novembre, après Quimper et avant Tourcoing, Dunkerque, Compiègne, Besançon, Clermont, Grenoble, Bruxelles et Bobigny.

Autant de villes, c’est inédit dans le monde de l’opéra. C’est possible grâce à la Co-opera-tive, mutuelle de maisons de théâtre et d’art lyrique, que dirige Matthieu Rietzler, également directeur de l’opéra de Rennes.  » L’un des premiers impératifs c’est le temps de montage, précise-t-il . Il faut que les spectacles arrivent dans une ville deux jours maximum avant la première représentation.  Le second, c’est de limiter le spectacle à 35 interprètes maximum, parfois en retaillant l’œuvre, mais sans limiter l’ambition artisitique du travail ». L’éventail de la Co[opéra]tive est large  : des noces de Figaro de Mozart, à la création d’Othman Louati Les ailes du désir, la saison prochaine.

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