Alvan & Ahez (Eurovision) : “On n’est pas en concurrence les uns avec les autres”

C’est le grand soir à Turin pour ces Bretons qui représentent la France à l’Eurovision avec leur titre Fulenn, samedi 14 mai à 21 h 00 sur France 2. Pour autant, Alvan (Alexis, à la ville) et le groupe Ahez (composé de Marine, Sterenn et Sterenn) n’ont pas trop la pression.

Votre groupe est la réunion de deux entités : Alvan, d’une part, et Ahez d’autre part. Comment est né votre rapprochement ?

Alexis Morvan-Rosius : D’un concours de circonstances ! Je sortais de plusieurs séries de productions et je voulais changer en faisant de l’électro avec du chant en breton. J’ai essayé avec la voix de ma grand-mère, de ma mère… mais ça n’a pas marché. Et un soir, je suis allé dans un bar et j’ai rencontré Marine. Très vite, on a parlé musique. Elle m’a dit qu’elle chantait en breton. Une semaine après, on s’est retrouvé chez moi. Elle et son groupe ont kiffé le morceau que j’avais commencé à composer !

Comment s’est ensuite passée la création de Fulenn ?

Marine Lavigne : Alexis a d’abord composé la mélodie. Cela m’a donné une base pour les paroles, que j’ai écrites en deux jours. Le son doit être au service du sens. J’avais en tête l’idée de m’inspirer d’une légende, celle de Katell Gollet, une jeune femme qui s’émancipe des règles sociales. J’aime reprendre les figures féminines décriées pour en faire des héroïnes. À la nuit tombée, elle part danser, bien qu’on le lui interdise. Elle rencontre un soir un jeune homme dont elle tombe amoureuse et, bien sûr, c’est le diable…

Quelle a été votre réaction en apprenant en direct votre qualification pour Turin ?

Sterenn Le Guillou : On savait que la chanson plairait. On pensait faire un bon score, mais de là à gagner… avec en plus une telle avance, 50 points… C’était incroyable. On en est très content. On prend tout ce qu’on peut parce que c’est une expérience incroyable. Ce titre va permettre de montrer à l’Europe entière qu’en France, on a des langues régionales, comme le breton. Avec nous, on porte aussi d’autres langues comme le gallo, qui est la langue de Haute-Bretagne, le basque, l’alsacien, le corse…

Comment abordez-vous ce concours ?

Sterenn Diridollou : On n’est pas en concurrence les uns avec les autres. On le voit comme un concert avec tous nos amis européens.

La participation de l’Ukraine ne fausse-t-elle pas l’issue de la compétition. On peut penser qu’elle va gagner, par solidarité européenne, non ?

A.M.-V. : Avec l’Ukraine, on n’est pas non plus concurrents. Leur chanson est très efficace. On est là pour la musique et on fera le mieux possible. On a déjà tout gagné en se retrouvant là !

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