Au Maroc, les jeunes veulent rapper « Haut et fort »

  • « Haut et fort » célèbre la culture et le désir d’émancipation de la jeunesse au Maroc.
  • Nabil Ayouch signe une comédie musicale enthousiasmante avec de jeunes Marocains qui apprennent le rap dans un centre culturel de Casablanca..

Son film a fait rapper Cannes puis
Angoulême. Avec Haut et Fort,
Nabil Ayouch signe une chronique marocaine pleine d’espoir, qui donne envie de chanter avec les jeunes d’un centre culturel de Casablanca qui s’expriment par la musique.

Le réalisateur du controversé Much Loved (interdit au Maroc pour outrage à la morale) donne cette fois la parole à des adolescentes et des adolescents coachés par un ancien rappeur. « Haut et fort est un hommage à la culture et à tout ce qu’elle peut apporter, qu’on la crée ou qu’on la reçoive », explique Nabil Ayouch à 20 Minutes.

Le rap plus fort que l’épée

Une énergie permanente se dégage de cette œuvre qui souligne à la fois la force de la jeunesse et les menaces qu’elle subit envers sa liberté d’expression. « On s’est entouré de filles et de garçons dynamiques qui avaient beaucoup de choses à dire sur leurs vies et leur pays », insiste le cinéaste. Ces non-professionnels emportent le morceau, les morceaux même, tant ils ne se laissent pas intimider au moment de rapper leur révolte. « Ce sont les filles qui m’épatent le plus, reconnaît le réalisateur. Elles ont beaucoup à dire sur l’oppression qu’elles subissent quotidiennement notamment de la part de leurs familles. » Y compris venue de frères à peine plus âgés qu’elles qui tentent d’asseoir leur autorité.

Entre fiction et réalité, le spectateur se laisse embarquer dans un film qui prend souvent des allures de comédie musicale pour mieux faire passer son message libertaire. « La musique est un très bon moyen de dire ce qu’on souhaite exprimer, martèle Nabil Ayouch. C’est un excellent exutoire qui touche le public tout en permettant se défouler. » Haut et fort se déroule au Maroc, mais les valeurs que le film défend sont universelles. « Il est indispensable de donner de l’argent aux lieux de culture qui permettent d’apprendre à penser », estime le réalisateur.

Trouver sa place

Les protagonistes du film le démontrent par l’exemple quand ils débattent entre eux ou avec des adultes. Si un dicton prétend que la plume est plus forte que l’épée, le rap est aussi une arme de choix contre l’obscurantisme. Haut et fort, film social, dresse un tableau d’une ville et de ses habitants engagés pour trouver leur place dans la société marocaine. « Je crois que tout le monde a déjà vécu cela. Cela a été mon cas », insiste Nabil Ayouch. Son film touche ce moment plein de promesses et d’angoisses, celui où tout est encore possible même quand beaucoup de choses ne sont pas autorisées.

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