Bernard Campan (Comme des reines) : ce moment "délicat" avec sa fille

Dans la peau d’un père tentant d’arracher sa fille à la prostitution, Bernard Campan est tout simplement bouleversant dans le téléfilm Comme des reines, diffusé sur France 2 le mercredi 22 juin à 21 h 10. Un rôle tout en pudeur et en émotion, dans lequel il donne la réplique… à sa propre fille !

Comment entre-t-on dans la peau d’un tel personnage ?

Bernard Campan : Je me suis dit qu’il n’était pas nécessaire d’aller chercher ailleurs que dans le père que je suis. Il se trouve que c’est ma fille, Nina, qui joue le personnage de ma fille. Mais ça ne m’a pas forcément facilité la tâche car c’est assez délicat de jouer avec son enfant, a fortiori ce rôle-là. L’émotion était là, à fleur de peau. Je me suis donc laissé porter par la situation et le scénario particulièrement juste et sobre.

Votre fille vous avait-elle consulté avant d’accepter ce rôle ?

Lorsqu’elle a voulu passer les auditions, je lui ai bien dit de lire attentivement le scénario car ce rôle pouvait quand même la bousculer. Mais elle a eu envie de le faire et elle a contacté la directrice de casting. Quant à moi, dès la lecture, j’ai senti son énergie dans ce personnage. Il lui correspondait. J’en ai parlé avec Marion Vernoux, (la réalisatrice) qui m’a répondu : " qu’elle se présente, on verra bien ! "

Comment transcendez-vous vos pudeurs lors des scènes d’émotion ?

J’ai l’impression que ça fait partie du jeu. S’il n’y avait pas cette pudeur à outrepasser, il n’y aurait pas d’intérêt ! Au contraire, je préfère sentir qu’il y a des empêchements et qu’il va falloir les enjamber ! L’enjeu, c’est de dépasser ses peurs justement. Celle du ridicule m’a souvent conduit à refuser des projets par crainte de ne pas être crédible. Le jeu, c’est d’arriver à trouver un état d’abandon. Comme lorsque l’on court et que l’on a le deuxième souffle. D’un coup, ça court tout seul. L’art de jouer, pour moi, c’est ça : avoir cette sensation que ça joue tout seul.

Où vous reverra-t-on dans les prochains mois ?

Le 31 août, sort au cinéma l’adaptation de la pièce d’Ivan Calbérac, La Dégustation avec Isabelle Carré et, à la rentrée, je serai avec Isabelle Gélinas au théâtre de la Renaissance pour jouer Les Humains, toujours adaptée par Ivan Calbérac. Enfin, je vais retrouver mes deux compères des Inconnus, Didier Bourdon et Pascal Légitimus, dans un film écrit et réalisé par Riad Sattouf.

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