Cinéma : Sidney Poitier, premier comédien noir à avoir remporté l'Oscar du meilleur acteur, est mort à l'âge de 94 ans

Hollywood a perdu la première star noire de son histoire. Sidney Poitier est mort à 94 ans, a annoncé vendredi 7 janvier le vice-Premier ministre des Bahamas, pays où l’acteur de légende a grandi.

« Nous avons perdu une icône, un héros, un mentor, un combattant, et un trésor national », écrit le vice-Premier ministre Chester Cooper sur sa page Facebook à propos de l’acteur de La Chaîne ou encore de Dans la chaleur de la nuit, sans mentionner la cause de son décès. 

Oscar du meilleur acteur

Né prématuré à Miami, en Floride, le 20 février 1927, à l’occasion d’un déplacement de ses parents venus des Bahamas voisines, Sidney Poitier obtient ainsi la double nationalité américaine et bahaméenne. Il décide très jeune de partir aux Etats-Unis pour apprendre le métier d’acteur. Il suit des cours de comédie à l’American Negro Theater, en échange de ses services de machiniste, avant de commencer sa carrière sur les planches de Broadway.

Il décroche son premier rôle au cinéma dans La Porte s’ouvre (1950) de Joseph L. Mankiewicz, film abordant le sujet du racisme. Mais c’est dans les années 50 qu’il rencontre le succès : d’abord dans Graine de Violence (1955), puis dans le thriller La Chaîne (1958), pour lequel il est pressenti pour l’Oscar du meilleur acteur.

En 1961, il reçoit le prix Gary Cooper au Festival de Cannes pour son rôle dans Une raison au soleil mais c’est en 1964 qu’il réalise l’impensable : il remporte l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du personnage d’Homer Smith dans Le lys des champs. Il est le premier acteur noir à recevoir une telle distinction. « Le voyage a été long pour en arriver là », lançait-il très ému, en recevant la statuette dorée. 

Mais à 37 ans, lorsque l’acteur au sourire incandescent reçoit son Oscar, il est la seule star de couleur à Hollywood. « L’industrie cinématographique n’était pas encore prête à élever plus d’une personnalité issue des minorités au rang de vedette« , décryptait-il dans son autobiographie This Life. 

Engagements politiques

Dans ses différents rôles, Sidney Poitier a toujours chercher à exprimer son engagement politique. Il joue dans plusieurs films qui dénoncent le racisme et l’exclusion des minorités. Dans La chaleur de la nuit (1967), il incarne un personnage accusé de crime à cause de sa couleur de peau. 

Grâce à ses rôles, le public a pu concevoir que des Afro-Américains pouvaient être médecin (La porte s’ouvre, en 1950) , ingénieur, professeur (Les anges aux poings serrés, en 1967), ou encore policier (Dans la chaleur de la nuit en 1967). « A l’époque,(…) j’endossais les espoirs de tout un peuple. Je n’avais aucun contrôle sur les contenus des films (…) mais je pouvais refuser un rôle, ce que je fis de nombreuses fois », expliquait-il dans son autobiographie.

« J’accepte cette récompense au nom de tous les acteurs et actrices afro-américains qui m’ont précédé (…) et sur les épaules desquels j’ai pu m’appuyer pour envisager mon avenir« , répondait l’acteur remerciant « les choix visionnaires d’une poignée de producteurs, réalisateurs et directeurs de studios ». Ce même soir, Denzel Washington devenait le second Afro-Américain à recevoir l’Oscar du meilleur acteur: « Je n’arriverai jamais à votre hauteur et j’inscrirai toujours mes pas dans les vôtres ». 

Ces dernières années, Sidney Poitier s’est principalement consacré à la lutte pour les droits de l’homme et les inégalités raciales. En 2009, il a reçu des mains du président Barack Obama, la plus haute distinction civile américaine : la médaille de la liberté.

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