Jimmy Mohamed : ce "souci" qui l’a poussé à quitter Balance ton post sur C8

Ce médecin généraliste, qui a intégré à la rentrée 2021 l’équipe du Magazine de la santé, à regarder du lundi au vendredi à 13 h 40 sur France 5, y propose cette semaine un feuilleton quotidien en immersion, la nuit, dans le service des urgences de l’hôpital Cochin.

Vous expliquez à l’écran qu’on rencontre aux urgences la même détresse qu’à vos débuts. Ne s’est-elle pas plutôt accentuée ?

DR JIMMY MOHAMED : Ce qui s’est aggravé, c’est que les patients sont plus âgés et fragiles. Et que tous atterrissent à l’hôpital… Les urgences sont le point de convergence de tous les Français. Et la nuit, ils sont encore plus vulnérables. On y dispose aussi de moins en moins de lits, notamment parce qu’on manque de personnel. C’est le reflet des problèmes de l’hôpital et du système de santé dans leur ensemble…

Vos interlocuteurs disent que les attentions qu’ils ont envers ceux qu’ils prennent en charge sont au cœur de leur métier. Mais à l’hôpital, a-t-on encore le temps pour cela ?

Ils essaient, même s’ils l’ont de moins en moins, car cela participe aux soins. Mais on peut parfois être maltraitant malgré nous, car aux urgences, le moindre bug entraîne une cascade de dysfonctionnements et, en fin de compte, ce sont les patients qui en pâtissent.

Malgré ces difficultés, y travailler peut-il être une vocation ?

Clément, que l’on suit dans le reportage, en est l’illustration. Il ne se voit nulle part ailleurs. Mais il faut justement qu’on arrive à garder ces gens-là plutôt que les épuiser à petit feu…

Estimez-vous que les médecins médiatiques ont une responsabilité plus grande envers les téléspectateurs ?

Oui, on a un devoir d’information. Pendant la Covid, on a vécu une situation difficile durant laquelle on a essayé de répondre à la demande et aux besoins. Ça a été complexe, mais si cette parole n’était pas venue de nous, elle aurait été délivrée par des personnes qui n’avaient pas la compétence pour en parler. Ça nous a appris l’humilité parce que personne n’a pu anticiper quoi que ce soit. Et tout le monde s’est planté…

Est-ce l’impossibilité de pouvoir évoquer ce qui fait l’essence de votre profession qui vous a incité à quitter Balance ton post !, sur C8, en juin 2020 ?

Je n’étais pas frustré mais j’avais un souci de légitimité. Je me disais : «Tu es médecin, tu as la chance de faire un métier que tu aimes. En quoi est-il pertinent que tu donnes ton avis sur la société ?» Dans Le Magazine de la santé, je fais ce que je préfère. Je suis dans l’explication et dans la transmission.

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