Les Frères Sisters sur OCS Max : pourquoi Jake Gyllenhaal a-t-il profondément surpris Jacques Audiard ?

“Les Frères Sisters” est diffusé ce soir sur OCS Max. Pour l’occasion, retour sur la raison pour laquelle Jake Gyllenhaal a impressionné le réalisateur Jacques Audiard.

Sorti en 2018, Les Frères Sisters est à la fois le premier film américain et le premier western de Jacques Audiard. Il s’agit d’une adaptation du roman de Patrick DeWitt dont John C. Reilly et Alison Dickey (son épouse productrice) détenaient les droits. C’est d’ailleurs l’acteur qui a fait découvrir le livre au réalisateur en 2012, lors du festival de Toronto où De rouille et d’os était présenté. L’histoire se centre sur deux frères hors-la-loi, Charlie et Elie Sisters, qui évoluent dans un monde sauvage. Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale.

A travers ses films, Jacques Audiard aime mettre en valeur ses comédiens. En témoignent les prestations mémorables de Vincent Cassel dans Sur mes lèvres, Romain Duris dans De battre mon coeur s’est arrêté, Tahar Rahim dans Un prophète ou encore Matthias Schoenaerts dans De rouille et d’os pour ne citer qu’eux. Les Frères Sisters ne déroge pas à la règle, en permettant à Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed de déployer toute l’étendue de leur talent. C’est d’ailleurs la possibilité de travailler avec des acteurs de ce calibre qui a poussé le cinéaste à se lancer dans un projet américain :

“Je me suis toujours dit que j’aurais du mal à travailler aux Etats-Unis, pour des raisons d’organisation du métier et de conditions de tournage. En revanche, les acteurs font envie, on ne peut pas le nier. Ils offrent une sorte d’incarnation immédiate. On ne se pose pas de question, ils se dressent physiquement et occupent l’image d’une façon différente. Ça, c’est le constat du spectateur : les visages n’apparaissent pas de la même façon, les corps n’ont pas la même taille, les voix la même profondeur etc. Ensuite, quand tu travailles avec eux, eh bien, tu comprends pourquoi : c’est un travail. Du travail. Ils ne s’arrêtent jamais.”

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    A titre d’exemple illustrant ce professionnalisme à l’américaine, Jacques Audiard se rappelle de la préparation de Jake Gyllenhaal en amont du tournage. Lorsque le metteur en scène est entré en contact avec l’acteur, ce dernier lui a expliqué qu’il s’est renseigné sur la période que le film dépeint et lui a demandé comment s’exprimerait son personnage (un détective chevronné passé par les premières universités de la Côte Est au 19ème siècle). Jacques Audiard se souvient avoir été pour le moins surpris, dans le bon sens du terme, par ce souci du détail très poussé :

    “Heu, merci bien, mais comment répondre à ça ? Bref, il est allé bosser un mois avec un linguiste, et il est revenu avec un script en phonétique ! Il ne lui manquait plus que le costume. C’était la première fois que je vivais ça. Ils viennent avec la démarche du personnage, ils ont déterminé comment il s’assied, comment il se comporte en société, s’il regarde ou non ceux à qui il s’adresse. Depuis des décennies, ils ont développé ce métier d’acteur ‘de cinéma’. Ils savent où est la caméra, quel est l’objectif, comment on va les voir, s’ils sont dans le cadre ou non, quel détail de leur expression va être capté.”

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