Oscars 2023 : après l'annonce d'une catégorie "meilleur réalisateur" sans réalisatrice, voici quatre films signés par des femmes et snobés par l'Académie

La cérémonie des Oscars est routinière des polémiques sur son manque de diversité. Après avoir alerté sur l’écrasante majorité de concurrents blancs en lice pour décrocher la précieuse statuette, les réseaux sociaux ont réagi, mardi 24 janvier, à l’annonce la veille des films et artistes nommés en faisant émerger un nouveau mot clé, #OscarsSoMale. Reprenant la formule qui avait émergé sur Twitter en 2015, #OscarSoWhite, celle-ci vise à dénoncer la sous-représentation des femmes à l’occasion de la cérémonie phare du cinéma américain. L’absence de réalisatrice nommée en vue de cérémonie du 12 mars provoque de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux.

La polémique est pourtant loin d’être nouvelle dans cette catégorie. Jusqu’en 2021, Katryn Bigelow était la seule femme à avoir remporté une statuette pour sa réalisation, pour Démineur. Mais ces deux dernières années, les Oscars avaient récompensé Chloe Zhao pour Nomadland et Jane Campion pour The Power of the Dog.

Alors que l’Académie des Oscars a choisi un casting entièrement masculin dans la catégorie « meilleur réalisateur » – dont l’incontournable Steven Spielberg (The Fabelmans) et le duo derrière la comédie Everything Everywhere All At Once, Daniel Kwan et Daniel Scheinert. Pourtant -, franceinfo revient sur trois réalisatrices qui pouvaient prétendre à une nomination.

La cinéaste Sarah Polley, réalisatrice de « Women Talking »

Adaptation du roman éponyme, Women Talking raconte l’histoire bouleversante de femmes d’une communauté religieuse qui se concertent afin de réagir ensemble face aux violences sexuelles et sexistes dont elles font l’objet. Si la réalisatrice Sarah Polley ne figure pas parmi les cinéastes pouvant prétendre à repartir avec la statuette, le film, lui, a été nommé dans la catégorie « meilleur film ».

Gina Prince-Bythewood, réalisatrice de « The Women King »

Gina Prince-Bythewood a quant à elle signé le film d’action afro-féministe The Woman King. Premier blockbuster porté par des femmes afro-américaines, le film suit les puissantes guerrières Agojié, combattantes intrépides du royaume du Dohamey, au XIXe siècle, dans une épopée féministe spectaculaire. Si beaucoup ont déploré l’absence de la réalisatrice dans la liste annoncée, d’autres critiques et publications ont surtout été étonnés de ne pas voir celle qui incarne l’héroïne du film, Viola Davis, figurer parmi les prétendantes au titre de « meilleur actrice », comme ici le site InStyle (lien en anglais), qui demande : « où est Viola ? »

« She said », de la réalisatrice Maria Schrader

Avec son film She Said, la réalisatrice Maria Schrader revient quant à elle sur l’affaire qui a donné naissance au mouvement « Me Too » dans le cinéma outre-Atlantique : l’affaire Weinstein. En suivant le travail d’enquête des deux journalistes du New York Times, Jodi Kantor et Megan Twohey, qui ont recueilli la parole de nombreuses femmes accusant de viols et agressions sexuelles le producteur Harvey Weinstein, alors tout-puissant à Hollywood, le film revient sur le scandale en mettant en avant l’omerta au sein de la profession visant à empêcher la parole des victimes. 

« Aftersun », de la réalisatrice Charlotte Wells

Enfin, les cinéphiles qui déplorent l’absence de réalisatrice dans cette liste évoquent aussi l’absence de la Britannique Charlotte Wells, réalisatrice de film Aftersun. Le film, qui sort en France le 1er février, traite d’une manière poignante et intimiste des relations d’un père en vacances avec sa fille de onze ans. « Par l’art de la mise en scène, la réalisatrice arrive à faire un miracle de chaque instant filmé« , s’enthousiasmait le président du jury du festival du cinéma américain de Deauville, Arnaud Desplechin, au moment de récompenser le long-métrage du Grand Prix du festival. 


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