«Pil», le film qui fait cartooner l'animation made in Occitanie

  • Le 11 août, TAT Productions sort « Pil », un film d’animation produit entièrement en région Occitanie.
  • Les aventures de cette jeune orpheline, véritable antidote aux princesses de contes de fées, vont être distribuées à 500 copies dans les cinémas français et ont déjà été vendues dans une soixantaine de pays.
  • TAT, tête de pont du film d’animation en région, a prouvé que l’on pouvait rester en province, dans une région où la filière reste très dynamique avec une cinquantaine de sociétés de production.

Elle est espiègle, aventurière, porte des robes de princesses mais ressemble étonnamment à une Lagertha tout droit sortie de la série Vikings, en version miniature. Cette étonnante héroïne, c’est Pil, la dernière née des studios d’animation toulousains 
TAT Productions, les créateurs de Maurice, le manchot-tigre, et ses compères des As de la Jungle.

Ce 11 août, le film d’animation de Julien Fournet déboulera dans les salles obscures. Entre deux blockbusters, et alors que le pass sanitaire est venu compliqué la donne, cette aventure pour petits et grands tentera de se frayer un chemin. Malgré un contexte difficile, ses producteurs ont l’espoir de renouer avec les spectateurs qui avaient apprécié en France et à l’international les précédents films du studio, les plaçant trois années d’affilée dans le top 10 des plus gros succès français à l’étranger. Les aventures de Pil, qui n’a rien à envier à Raiponce ou Rebelle, vont sortir dans près de 500 salles en France cet été et ont déjà été vendues dans 60 pays.

Pouvant rivaliser avec n’importe quel film Disney, Pil permet d’imposer encore plus la société de Jean-François Tosti, David Alaux et Éric Tosti, comme une référence dans le domaine du dessin animé. Créée il y a vingt et un ans, leur petite entreprise emploie aujourd’hui près de 150 personnes et produit des films à huit millions d’euros. Tout en restant en province.

Ancrage local revendiqué

Les trois acolytes se sont toujours refusés à quitter leur ville natale malgré les sirènes de la capitale. « Nous sommes une des rares sociétés qui exporte à l’international et qui produit entièrement ses films en province alors qu’on nous avait dit que ce ne serait jamais possible », assure Jean-François Tosti. La musique de Pil a aussi été composée à Toulouse et le mixage à Montpellier. Un ancrage régional qui se retrouve même à l’écran puisque l’héroïne se déplace dans des villes moyenâgeuses inspirées par Rocamadour ou encore Carcassonne. Et Jusque dans l’accent d’un ménestrel qui parle comme Francis Cabrel.

Vaisseau amiral de la filière, la présence de TAT, soutenu par le conseil régional et la Métropole de Toulouse, permet au secteur d’avoir des écoles de formation à ces métiers dont bénéficient aussi les autres studios de création. Dans son sillon, d’autres productions made in Occitanie ont ainsi connu le succès cette année comme Josep ou La traversée, dans des styles totalement différents. « Il y a un véritable écosystème régional, grâce à la proximité on peut se former ici et travailler ici. Il y a une cinquantaine de sociétés de production qui fait aussi bien du film que du documentaire, ce qui représente 4.000 salariés et plus de 50 millions de retombées économiques. L’Occitanie n’est qu’un décor, c’est aussi un lieu de création », insiste
Karim Ghiyati d’Occitanie films, l’agence régionale du cinéma et de l’audiovisuel qui anime la filière.

Des films et des séries

Pour poursuivre son développement, TAT productions a décidé d’être plus régulier dans sa production de films, avec un second opus des As de la Jungle en préparation mais aussi Pets on a train qui sortira d’ici trois ans. Financièrement, en cas d’échec d’un de ses films d’animation, elle pouvait compter sur la série des As de la jungle qui cartonne en France et à l’étranger et lui permet d’avoir un matelas financier.

Et c’est peut-être une autre série qui va continuer à asseoir sa notoriété, dans l’Hexagone mais aussi à l’étranger. « Nous avons été contactés par une grande plateforme pour fabriquer une série, c’est en cours de négociation », glisse Jean-François Tosti. A l’heure où les entreprises de vidéo à la demande font un carton, l’arrivée de Pil tombe à point pour montrer le savoir-faire d’Occitanie.

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