« Qui veut être mon associé ? », le « quoi qu’il en coûte » version M6

  • M6 lance la deuxième saison de Qui veut être mon associé ? mecredi à 21h05.
  • Ce concept permet à des entrepreneurs de tenter de convaincre, en quelques minutes, un panel d’investisseurs de mettre la main à leur porte-monnaie, en échange d’une part dans leur capital.
  • « On reproche beaucoup à la télévision d’abrutir les masses, là, elle permet aux gens de concrétiser un rêve. Cela rend les choses accessibles, mais il faut bien faire comprendre que ça ne se fait pas non plus d’un claquement de doigts. Ce n’est pas : « J’arrive, je pitche et c’est bon, j’ai réussi » », prévient Delphine André, PDG du groupe de transports et logistique GCA, membre du panel d’investisseurs.

Deux ans après une première saison de Qui veut être mon associé ?, suivie en moyenne par 1.6 million de personnes,
M6 mise à nouveau sur ce concept offrant quelques minutes à des entrepreneurs pour convaincre un panel d’investisseurs de mettre la main au porte-monnaie, en échange d’une part dans leur capital.

La deuxième édition est lancée mercredi à 21h05, avec Xavier Domergue en remplacement de Julien Courbet à la présentation. Si de nouvelles têtes arrivent aussi côté investisseurs, Delphine André, Eric Larchevêque et Marc Simoncini font partie de ceux qui rempilent.  « On a demandé à la production qu’il y ait davantage d’interactions entre nous, indique le dernier cité, créateur de la start-up Angell, spécialisée dans les vélos connectés. Dans la première saison, toutes les questions arrivaient sur les entrepreneurs, on parlait parfois en même temps, ça les mettait mal à l’aise et c’était un peu rigide. Là, on était d’accord pour dire que plus on allait se parler [entre investisseurs potentiels], plus ce serait vivant, sympathique, drôle, en tout cas plus dynamique. »

«J’ai mis le double des 500.000 euros que j’avais prévus à l’origine »

« On a créé une émulation de nature à favoriser les deals. Quand le jury lui-même est agile, ouvert et a envie d’aller de l’avant, ça favorise l’empathie avec les candidats », note Jean-Pierre Nadir, l’un des nouveaux investisseurs, qui a rapidement trouvé ses marques dans le programme. « Je m’étais fixé un budget que j’ai dépassé. Quand tu es pris dans la dynamique de l’émission, lorsqu’il y a des opérations intéressantes, tu te laisses entraîner, confie celui qui a lancé le portail de tourisme responsable Fairmoove.fr. Au final, j’ai mis le double des 500.000 euros que j’avais prévus à l’origine. » L’homme d’affaires, qui est le seul à évoquer explicitement les montants, a donc investi un million d’euros – de son argent personnel – parmi les trente-cinq cas de cette deuxième saison.

« On reproche beaucoup à la télévision d’abrutir les masses, là, elle permet aux gens de concrétiser un rêve. Cela rend les choses accessibles, mais il faut bien faire comprendre que ça ne se fait pas non plus d’un claquement de doigts. Ce n’est pas : « J’arrive, je pitche et c’est bon, j’ai réussi » », prévient Delphine André, PDG du groupe de transports et logistique GCA. Plusieurs entrepreneurs repartent donc comme ils sont venus, sans avoir fait affaire. « Même si on est bienveillants, on n’est pas là pour faire croire à des deals impossibles. Le business est un milieu de requins », appuie Anthony Bourbon, fondateur de Feed et nouvelle recrue de Qui veut être mon associé ?

Le trentenaire a rejoint l’émission pour « représenter des jeunes qu’on ne voit pas assez », autrement dit des profils similaires au sien, qui ne sont pas passés par une grande école, ne peuvent pas compter sur un coup de pouce familial et n’ont pas de véritable réseau. « C’est une occasion de tendre la main et de dire malgré les cartes qu’on t’a donné, même si tu es défavorisé, que tu n’as pas beaucoup d’argent, que tu n’as pas fait d’études, tu peux t’en sortir », avance-t-il.

Des profils différents et hors réseaux

« Pour nous, Qui veut être mon associé ? c’est l’opportunité de voir des dossiers qu’on n’aurait pas pu voir autrement car il est vrai qu’en dehors de l’émission, quand on regarde un dossier, c’est mieux s’il est appuyé et recommandé, parce qu’on en reçoit tellement… Le réseau joue un rôle important. Là, on est attentifs de la même manière sur tous les projets », explique Eric Larchevêque, le créateur de Ledger.

Marc Simoncini souligne que ce programme de M6 l’a « ramené aux sources » : « Comme je travaille maintenant dans un fonds d’investissement où on voit des dossiers plus lourds et structurés, j’ai perdu de vue toute cette population de primo-entrepreneurs. Donc j’ai pu renouer ce lien-là. » Et pour ces profils de néo-chefs d’entreprises, Qui veut être mon associé ? a une importance considérable notamment dans un contexte de pandémie. Le tournage s’est déroulé en mai 2021, alors que l’activité économique était encore chahutée.

Des success stories

« Le Covid a été une phase compliquée pour les start-up. Les investissements ont chuté de 80 % en ce qui concerne les early stage, les premiers deals », avance Anthony Bourbon. « Le gouvernement a beaucoup aidé les entreprises. Le
« quoi qu’il en coûte » a sauvé l’industrie française. Je suis dans le tourisme et 95 % des acteurs du secteur ont été financés entre le PGE [prêt garanti par l’Etat] et le chômage partiel par rapport à leur chiffre d’affaires 2019, poursuit Jean-Pierre Nadir. Mais ceux qui se sont lancés en 2020 n’ont reçu strictement aucune aide. C’est donc beaucoup plus compliqué de créer une boîte dans des périodes difficiles parce que vous n’avez aucun soutien. Les banques ont déjà les PGE à financer, elles sont inquiètes quant aux perspectives et ça devient plus compliqué de donner de l’argent. D’où le fait que les entrepreneurs que nous sommes sont plus agiles pour investir que des institutions plus classiques. »

Anthony Bourbon laisse déjà entrevoir une success story particulièrement éclatante : « Certaines boîtes, pour lesquelles j’ai participé, ont aujourd’hui leurs produits vendus chez Monoprix ou Franprix. Il y en a qui ont déjà fait des levées de fonds. L’une d’elles va devenir la première licorne de M6, elle vaut plus d’un milliard d’euros. Cela montre la puissance et la possibilité hors norme que cela peut générer. »

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