Star Wars : John Boyega raconte son expérience difficile en tant qu'homme noir

En couverture du dernier numéro de GQ, John Boyega, qui incarnait Finn dans la dernière trilogie, se souvient de “Star Wars” comme d’une aventure difficile en raison de sa couleur de peau.

Début juin, John Boyega, l’interprète de Finn dans la dernière trilogie Star Wars, livrait un discours très fort à Londres, au cours d’une des nombreuses manifestations du mouvement Black Lives Matter contre le racisme et les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd. Aujourd’hui, l’acteur fait la couverture du magazine GQ, où il se confie sur son expérience difficile lors de l’aventure Star Wars.

Au cours des quelques années durant lesquelles il a travaillé avec les équipe de Star Wars, Lucasfilm et Disney, John Boyega a été souvent amené à se demander si il y avait vraiment de la place pour quelqu’un comme lui – comprendre, un homme noir, et engagé – dans une industrie fondée sur des normes blanches. Si l’on n’avait de cesse, alors, de lui répéter combien il était chanceux de faire partie du projet, il s’est pourtant rendu compte que son expérience était radicalement différente que celle des autres membres du casting.

Aujourd’hui, John Boyega a laissé pousser ses cheveux, qu’il porte tressés, mais au moment de tourner Star Wars, il lui a fallu garder les cheveux ras, ce qu’il considérait comme des tentatives de contrôle de son apparence. Le coiffeur qui s’occupait de lui n’avait aucune habitude des cheveux crépus, mais “avait encore le courage de faire semblant” et le styliste prenait un air “grimaçant devant certains vêtements que je voulais porter”. Le comédien se souvient : “Pendant la promotion [du Réveil de la Force], j’ai suivi le mouvement. Et évidemment, à l’époque, j’étais vraiment très heureux d’en faire partie. Mais mon père me dit toujours une chose : ‘Ne donne pas trop cher par respect. Tu peux te montrer respectueux, mais vous paieras parfois trop cher et tu te retrouveras à découvert.’

Un an après la fin de la trilogie, le bilan est mitigé pour Boyega : “C’est tellement difficile. On s’implique dans des projets dans lesquels on ne va pas forcément tout aimer. [Mais] ce que je dirais à Disney, c’est de ne pas faire ressortir un personnage noir et le commercialiser comme s’il était beaucoup plus important dans la franchise qu’il ne l’est réellement et pour l’écarter ensuite. Ce n’est pas bien. Je le dis clairement.” Selon lui, les autres personnages de couleur, interprétés par Naomi Ackie, Kelly Marie Tran et même Oscar Isaac, ont subi le même traitement. Particulièrement dans Les Derniers Jedi. 

Black Lives Matter : le discours vibrant de John Boyega

“Par exemple, poursuit l’acteur, [en interview] vous saviez quoi demander à Daisy Ridley, vous saviez quoi demander à Adam Driver (…), mais quand il s’agissait de Kelly Marie Tran, quand il s’agissait de John Boyega, vous saviez déjà tout. Alors que voulez-vous que je dise ? Ce qu’ils veulent qu’on raconte, c’est : ‘J’ai adoré participer [au film]. Ca a été une expérience formidable’ Non, non, non. Je ferai ce deal quand ce sera effectivement une super expérience. Ils ont donné toute la nuance à Adam Driver, toute la nuance à Daisy Ridley. Soyons honnêtes. Daisy le sait. Adam le sait. Tout le monde sait. Je n’apprend rien à personne.”

De son point de vue, ce traitement superficiel des personnages noirs dans les blockbusters est systémique. Même s’il reconnaît que le rôle de Finn était une “opportunité incroyable” et un “tremplin” qui a lancé sa carrière, John Boyega est aussi très heureux de pouvoir mettre en lumière les frustrations et les difficultés qu’il a rencontrées en se retrouvant au coeur d’un système biaisé et toxique pour les personnes qui ne rentrent pas dans les cases qui constituent les standards de représentation à Hollywood. 

On rappelle qu’à l’annonce du casting du Réveil de la Force, John Boyega avait eu à subir de nombreux commentaires racistes. Je suis le seul membre de la distribution dont l’expérience de la frachise était uniquement basée sur sa race”, regrette-t-il. “(…) Cela vous met en colère contre un système comme celui-là. Ca vous rend beaucoup plus militant ; ça vous change. Parce que vous vous rendez compte : ‘J’ai eu cette opportunité, mais j’évolue dans un milieu qui n’était même pas prêt pour moi.’ Personne d’autre dans le casting n’entendait des gens qui disaient qu’ils allaient boycotter le film à cause d’eux. Personne d’autre n’a reçu un tollé et des menaces de mort dans ses messages privés sur Instagram et les réseaux sociaux, disant : ‘Noir ceci, et noir cela, et tu ne devrais pas être un Stormtrooper.’

“Personne d’autre n’a eu cette expérience. Mais pourtant, les gens sont surpris que je sois ainsi. C’est une vraie frustration”, conclut John Boyega, visiblement attristé à l’idée que ses décarations puissent être prises pour de l’amertume mal placée ou de la paranoïa. L’acteur, déterminé désormais à aller vers des projets plus indépendants, sera bientôt à l’affiche de la série de Small Axe, du cinéaste britannique Steve McQueen. 

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