Tilda Swinton, Blanche Gardin et Nabil Ayouch sur la Croisette

Si on remettait la Palme de la classe, Tilda Swinton serait bien placée au palmarès. La comédienne, vue dans The French Dispatch de Wes Anderson, a présenté aussi l’envoûtant Memoria d’
Apichatpong Weerasethakul. Toujours impeccablement habillée, l’actrice a partagé son admiration pour le réalisateur thaïlandais, palmé d’or en 2010 pour Oncle Boonmee, qui la dirige aux côtés de Jeanne Balibar. Elle incarne une femme hantée par un bruit étrange dans ce poème sonore et visuel tourné Colombie. « J’ai parlé un espagnol de cinéma et vécu une expérience qui correspondait à l’univers envoûtant du film », a-t-elle précisé. L’actrice a ensuite connu l’honneur de recevoir la
Palm Dog pour
The Souvenir Part 2 de Joanna Hogg (film de la
Quinzaine des réalisateurs). Elle a arboré fièrement
l’un des colliers-trophées et a promis de les remettre à ses trois chiens qui sont ses partenaires dans le film.

Caleb Landry Jones, révélation totale

On l’avait vu dans de petits rôles chez Jim Jarmusch, Jordan Peele, Sean Baker, Brandon Cronenberg, Martin McDonagh et David Lynch… mais Caleb Landry Jones donne toute la mesure de son talent dans Nitram de l’Australien 
Justin Kurzel. A 31 ans, l’acteur américain incarne un jeune homme très très désiquilibré dans ce thriller brillant inspiré d’un fait divers qui a traumatisé l’Australie en 1996.

« Etre à Cannes me semble étrange pour y défendre un homme que beaucoup considèrent comme un monstre, même si j’ai pris soin de ne pas l’incarner ainsi, a-t-il avoué à 20 Minutes. J’espère que le public ne va trop me détester… » Qu’il se rassure, nous, on l’aime beaucoup et il n’est pas du tout impossible que le jury l’apprécie aussi tant il est prodigieux dans ce rôle difficile.

Blanche Gardin se fait parler dans l’oreillette

Elle est hilarante Blanche Gardin dans France de
Bruno Dumont. Cette charge tragicomique des journalistes tout aussi médiatisés que leurs sujets lui permet de composer un rôle d’assistante d’une star de l’info jouée par Léa Seydoux. Après avoir regretté l’absence de sa partenaire retenue loin de Cannes par le Covid-19, l’actrice a taquiné son réalisateur. « J’avais l’impression d’être le pantin de Bruno Dumont parce qu’il dirige les acteurs en leur parlant dans une oreillette,
a-t-elle dit en conférence de presse. On a parfois l’impression d’être une pièce de décor sur son plateau mais je l’adore parce qu’il livre une critique de la société qui n’est jamais moralisatrice. »

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Nabil Ayouch rappe et fait du bien

Le film Haut et fort de
Nabil Ayouch est l’un de nos coups de cœur de cette édition 2021. Un professeur de rap dans un quartier populaire de Casablanca apprend à ses élèves à exprimer leurs frustrations en musique.

« Le rap est une arme merveilleuse pour la jeunesse. C’est un moyen de décrire ce qu’elle vit et ce qu’elle ressent » a-t-il déclaré à la conférence de presse. Ce film joyeux, grave et optimiste fait découvrir une pléiade de jeunes acteurs dynamiques et redonne foi en l’avenir. Ce film est si revigorant qu’il devrait aussi séduire le jury.

Kirill avec nous !

Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov (Leto) n’a pas pu venir sur la Croisette pour présenter La Fièvre de Petrov. Il n’a pas eu le droit de quitter la Russie. Il est cependant présent,
badgé sur bien des sacs et des vêtements, histoire de prouver que les festivaliers ne l’oublient pas et qu’ils continuent de rêver de le voir venir, en personne, chercher un prix samedi soir.

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